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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 18:30
Pour prédire le résultat des élections présidentielles américaines, on peut consulter des oracles, on peut aussi les examiner sous le prisme du storytelling, des stories utilisées par les candidats (le contenu), et de leur façon de faire du storytelling (la méthode).


Obama a commencé par battre Hillary Clinton avec l'histoire très rafraîchissante d'un garçon dont le père noir et étranger a épousé une femme blanche du Kansas, avec des périodes difficiles mais toujours la foi en une Amérique où tout le monde peut avoir sa chance. Face à lui, Hillary Clinton incarnait le passé, et toutes les histoires qu'elle pouvait raconter l'y ramenaient : l' »expérience » dont elle agrémentait ses stories évoquait dans la tête des électeurs « Bill », le passé.

Que cela soit vrai ou non n'a pas eu d'importance : le pouvoir intrinsèque des stories a été suffisamment fort (c'est ce qui en fait un outil redoutable et nécessite une pratique fortement teintée d'éthique).

Qu'en est-il aujourd'hui, face au duo McCain/Palin ?

L'histoire d'une Amérique multiraciale, le melting-pot qu'il raconte est une réalité vécue par les jeunes Américains, mais que leurs parents n'ont pas encore intégrée : le mythe américain, ne s'est pas encore remythologisé dans ce sens. Une masse critique d'Américains n'est pas encore dans cette nouvelle étape de la « founding story » américaine.


McCain et Palin racontent des histoires plus traditionnelles, liées au Vietnam, ou de « mère courage », bien plus en adéquation avec ce mythe.

Ils utilisent également des méthodes détestables, c'est à dire l'utilisation détournée, abusive, du storytelling (George Bush a pu leur donner des cours) : les histoires, dans leurs discours, et celles racontées par leur staff ne manquent pas de mensonges, sur Obama, ses projets, sur tout et n'importe quoi.

Un exemple, pas le pire, mais peut-être le plus drôle : un conseiller de McCain a raconté très sérieusement que son patron avait contribué à inventer le Blackberry, alors que le candidat lui-même avait déjà dit qu'il ne savait même pas allumer un ordinateur. La réaction de McCain, un rire, est pour moi le signe d'une banalisation de l'utilisation abusive du storytelling par certains politiques. Inquiétant.

Mais ces histoires font mouche, toujours du fait du pouvoir des histoires, auquel opposer la vérité ne servirait à rien d'autre qu'à les renforcer, au besoin avec quelques mensonges supplémentaires.


Alors, vu du côté du storytelling, c'est donc McCain qui devrait l'emporter.

Mais Obama a toujours une confortable avance dans les sondages...

Et vous, qu'en pensez-vous ? Postez vos commentaires.

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Published by Storytelling - dans Débats
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