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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 07:00
Martin Luther King l'avait rêvé, les Américains l'ont fait. Elire un homme de couleur à la tête de leur pays, certes, mais aussi un représentant d'une minorité ethnique (les Afro-Américains sont près de 40 millions, soit 13 % de la population)…
Alors en France ? Nous n'avons pas de Martin Luther King, mais avons-nous des candidats à un destin "obamien" ?

Les postulants à la candidature pour devenir, peut-être, un jour, "le Barack Obama" français ne se bousculent pas au portillon.

Il est vrai que l'ouverture de la sphère politique aux représentants des minorités ethniques est plutôt récente certes, mais surtout un fait encore trop rarissime.

Rien à voir avec les Etats-Unis où l'existence de véritables communautés, localisées et de grande taille, a permis à des hommes et des femmes issues de minorités d'accéder à des postes représentatifs (Barack Obama était sénateur).

Mais tout de même, j'ai identifié deux candidats à l' "Obamacie" dans l'hexagone.


1. Lilian Thuram :
Voilà un homme jeune (37 ans), qui n'est certes pas directement originaire d'Afrique puisqu'il est né à Pointe-à-Pitre, mais dont la légitimité est indéniable.

Il a aussi l'indispensable : une véritable histoire - vous vous souvenez, c'est l'histoire de Barack Obama qui a grandement contribué à le faire élire. Son histoire, c'est celle d'un gamin arrivé en métropole à l'âge de 9 ans, et qui est aujourd'hui le joueur le plus capé de l'équipe de France de football, après avoir évolué dans les plus grands clubs européens. Une histoire à rebondissements, aussi, ce qui en fait la force : comme cette grosse tuile, la pire de toutes pour un sportif de haut niveau, devoir stopper sa carrière sur injonction médicale.

Mais Lilian Thuram n'est pas qu'un sportif : on le surnommait " le philosophe " pendant sa carrière sportive, bon " Thu-Thu " aussi -tous les sportifs ont droit à leur petit nom ridicule-, mais " le philosophe ", c'est assez unique et loin d'être injustifié.

Lilian Thuram est aussi membre du Haut conseil à l'intégration et est connu pour avoir des positions très claires sur le racisme, l'antisémitisme et, plus surprenant, la constitution européenne. Il est également membre du conseil d'administration du très respecté l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

Les grands partis politiques ne s'y sont pas trompés : Lilian Thuram a refusé les approches du PS, des centristes tendance Bayrou, et un poste de ministre de la diversité aux côtés de Nicolas Sarkozy. Bien lui en a sans doute pris, histoire de ne pas se faire happer par les appareils de parti, dont il ne serait sûrement jamais sorti.

Son entrée en politique ? Il lui faut d'abord se former, dit-il. La question est : comment ? S'adosser à un parti le lui permettrait, mais comment alors ne pas être un jouet dans les mains du parti… C'est plus sûrement en se positionnant comme inspirateur d'initiatives remarquables et à faire remarquer qu'il pourrait tracer son chemin. Un savant jeu d'équilibre pour ne pas être -comme on aime si bien le faire en France- " catégorisé ", mais conserver un positionnement le plus grand public possible : Obama n'était ainsi pas le candidat des Afro-Américains, mais des Américains qui croyaient que le changement était possible aux Etats-Unis.

A suivre donc…

2. Rachida Dati :
On la croit finie, enterrée dans un futur obscur de député européen à Strasbourg. C'est peut-être sa chance.

Elle aussi a une histoire. Valable, intéressante. Une histoire basée sur une force de caractère et un rigorisme qui fait penser à Margaret Thatcher. Non, mieux, à une Sarah Palin.

Sarah Palin, loin d'être enterrée, et à qui on prédit un avenir possible dans l'Amérique de l'après Obama.

Il faudra pour cela l'émergence d'une société où la rigueur, l'intransigeance, un côté borné aussi, seront les valeurs reines.

Or, c'est bien vers cette société là que nous tendons depuis déjà un certain temps ; les sociologues sont assez unanimes. Fini l'esprit libertaire. Le nouveau rigorisme a d'autres visages que par le passé -actuellement il est plus orienté " dictature du développement durable ", pour caricaturer. La tendance peut s'accélérer dans des périodes de turbulences (Margaret Thatcher avait connu son heure de gloire au pire de la crise économique d'alors)…
Nous n'en sommes pas là, mais Rachida Dati a le temps, justement : d'être moins exposée, de prendre du recul, d'observer, d'analyser, d'attendre son heure. Tout l'art sera pour elle de ne pas disparaître complètement du paysage : elle aura les cartes en mains, au Parlement européen, pour porter des idées singulières ayant pour cadre l'Europe, et avec la légitimité de son mandat.

A suivre également…

D'autres posts sur Barack Obama : le prof de storytelling d'Obama et Obama banalisé ?.

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Published by Storytelling - dans Etudes de cas
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