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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 09:26

Les histoires fondatrices d’entreprises sont bien connues, entre mythes plus ou moins fantaisistes et vraies histoires. Mais il y a aussi votre histoire fondatrice, personnelle, qui, si elle concerne réellement un vrai fondement, peut s’avérer très constructive, personnellement et dans une relation avec un auditoire.

Illustration par une histoire et ses conclusions.


Connaissez-vous l’histoire de l’homme aux rats ? L’homme aux rats, de son vrai nom Ernst Lanzer (peu importe ici l’origine de ce nom : l’homme aux rats) était un patient de Sigmund Freud. C’était un militaire qui avait commandé une marchandise par correspondance, et lorsqu’elle était arrivée, c’était l’un de ses supérieurs qui l’avait réceptionnée, et avait payé le transporteur en son absence.

Par la suite, Lanzer sera obsédé par l’idée de rembourser un autre que celui qui avait avancé cet argent ! En rêve, il imagine des tactiques pour rembourser cette dette imaginaire à quelqu’un qui ne lui demande rien, en étant persuadé que s’il n’y parvient pas, son propre père subirait les pires tourments dans le royaume des morts.

Freud découvre au cours de l’analyse, que le père en question était de son vivant réellement endetté, financièrement et de manière symbolique, puisqu’il avait renoncé à la jeune fille pauvre qu’il aimait, sous la pression familiale (une dette d’honneur et d’amour propre).

Lanzer essayait donc d’apurer les vraies dettes de son père de manière fantasmée, tout en n’osant pas lui-même aborder la femme qu’il aimait.

Lanzer mourra finalement sur les champs de bataille de la première guerre mondiale, il se serait laissé tuer pour ne pas assumer la culpabilité liée à ces dettes fantasmées.


Qu’est-ce que cela nous raconte ?


Que nous naissons tous avec une dette envers ceux qui nous précèdent. C’est une dette qui touche à la vie, donc à vie. La question fondamentale, l’histoire fondatrice : comment rembourser cette dette ? Laisser le hasard faire les choses n’est pas une solution, du moins pas une solution avouable lorsqu’on raconte sa propre histoire à un auditoire.

S’acquitter de cette dette, ce peut être par contre le fait d’être acteur de sa vie, tout en s’appropriant (dans le sens d’absorber, d’intégrer) l’héritage symbolique (et non matériel) de ses ancêtres.

Et de ce fait, raconter comment on s’y prend pour arriver à mener cela est tout à fait pertinent à la fois pour l'auditeur, et personnellement en guise de travail sur soi.

D'autres posts sur les histoires fondatrices : Comment refonder une histoire et Superobaman revient sur terre / Back on Earth

 
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Published by Storytelling - dans Bases
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scaringella 29/08/2009 09:52

Et nulle recrimination de ma part :-) Simplement cette approche etant la seule scientifique, les autres sont mythiques, c'est a dire essayent de faire entrer les perceptions dans ce qu'en disent les mots. C'est flagrant dans le cas decrit. Evidemment tout n'est pas a jeter dans Freud, l'ecole de rennes ayant confirme et/ou infirme ses theses. Rappellons que Freud etait neurologue d'abord. Les mythes ont leur propre valeur mais le storytelling s'il reste dans la pensee mythique
ne pourra aider le management a etre plus en adequation avec ce que sont tous les intervenants de l'entreprise. Il ne pourra que imposer autrement les desideratas des dirigeants. Excellent en marketing peut-etre, nefaste en management surement.

Storytelling 29/08/2009 12:18


Je ne vous suis pas complètement sur cela :notamment sur l'aspect néfaste du storytelling en management ; je trouve que c'est au contraire le terrain sur leqeul il s'exerce avec le plus d'éthique,
notamment dans le domaine analytique.
Pour Freud, je connais des approches de psychologues beaucoup plus proches de celle que j'évoque, mais comme dit, tout est affaire d'interprétation, celle de l'école de Rennes étant tout à fait
respectable et peut-être bien dominante.


scaringella 29/08/2009 09:32

En l'occurence il ne s'agit nullement de mes opinions mais de resultats scientifiques de l'universite de rennes.

Storytelling 29/08/2009 09:42


Aucune aucune remise en cause de la légitimité de votre approche de ma part, qu'elle soit personnelle ou issue de travaux scientifiques. C'est juste qu'il peut y avoir plusieurs approches
qui se font concurrence sur un même sujet.


scaringella 28/08/2009 10:15

-->> Que nous naissons tous avec une dette envers ceux qui nous précèdent.

Euh .... c'est plutot le contraire ....
Un enfant ne peut pas contracter de dette envers qui que ce soit. Cela n'est pas dans ses capacites. Cela sera possible qd il aura lui-meme atteint l'age ou ces capacites se seront developpees. Vers l'adolescence donc la ou chacun commence a ecrire sa propre histoire. La dette est donc bien reelle mais des parents envers leurs enfants. C'est cela meme etre parent. L'homme aux rats vivait donc dans la culpabilisation qui lui faisient subir ses parents, et n'ecrivait pas sa propre histoire, ses parents ayant reussi a l'infantiliser. Sa cure ne pouvait etre qu'un echec.

Storytelling 28/08/2009 10:29


Je conçois que sur ce genre de sujets, il puisse y avoir des vues différentes, voire contradictoires. Cela mérite en tout cas réflexion.


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