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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 07:00

Experience Project (que j’ai découvert via Katharine Hansen, merci à elle), a un slogan prometteur : « les histoires personnelles sont des expériences de vie ». Mais ce n’est pas tout : ce qui fait sa spécificité, c’est que ce réseau social garantit l’anonymat (c’est vraiment à contre-courant des autres réseaux), et que le liant entre les utilisateurs se fait à travers des histoires.

On trouve donc sur Experience Project une architecture organisée autour de groupes. Et à l’intérieur de ces groupes : des histoires, des confessions (qui sont aussi des histoires), avec, aussi, des possibilités de bloguer, d’ajouter photos et vidéos, bref des fonctionnalités classiques pour tout réseau qui se respecte (et respecte ses utilisateurs).

Près de 3 millions d’expériences de vie sont donc déjà en ligne. Histoires de dépressions, de divorces…

Les utilisateurs sont anonymes et sont connectés entre eux via leurs histoires.


Et c’est intéressant parce que novateur : d’autres réseaux se fondent sur l’anonymat, mais se focalisent sur une architecture en « catégories ». On retrouve alors le classique dilemme des victimes ou malades, qui se plaignent assez qu’on ne les voient plus comme des personnes mais comme des avatars (au sens web) de leur mal. M. X n’est plus M. X mais l’archétype du cancer par exemple. Sur Experience Project, il y a bien-sûr des catégories, mais s’y engager ne fait pas de l’utilisateur automatiquement une victime de ceci ou un malade de cela : c’est d’une thématique qu’il s’agit, autour de laquelle des victimes, malades, mais aussi des témoins ou tout un chacun peut se réunir pour échanger, un contexte partagé.


L’aspect thérapeutique me semble plus incertain, même si certains utilisateurs remercient le site de leur avoir sauvé la vie.


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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 07:00

Les sous-vêtements qui racontent des histoires ? N’allons pas si loin. Après avoir failli rendre les armes (ce qui, visuellement, aurait quand même été dommage), la marque Morgan est relancée par son nouveau propriétaire, le groupe breton Beaumanoir. Et c’est avec une bonne dose de storytelling digital (sur le web) que cela se passe.

Le concept de communication : « oui aux armes de séduction ».

Il est décliné à travers un plan média et hors média ambitieux (le groupe prévoit tout de même 5 millions d’euros d’investissements en publicité sur les trois prochaines années), qui comprend également un volet radio, presse, des cartes postales, du street-marketing, de l’habillage de points de vente.


Alors le storytelling dans tout ça ?

A côté de la campagne web classique, plusieurs dispositifs ont été imaginés (orchestrés par l’agence La Chose) :


- Des modules interactifs pour tester la sensualité de sa voix via le micro et la webcam de son computer (pour ne pas dire PC, ce qui fâcherait les disciples du Mac). C’est du storytelling dans la mesure où un coach donne ensuite des conseils aux internautes, ce qui, quelque part, peut leur permettre de construire une histoire, en changeant d’histoire, par l’amélioration de sa voix.


- Autre module : celui qui permet de travailler une démarche sexy en talons (aiguille, j’imagine). Même remarque que pour le précédent. Reste ensuite à la construction de quel genre d’histoire cela pourrait servir : sera-t-elle authentique ou relèvera-t-elle plus de la télé-réalité ? C'est-à-dire que, pour faire une métaphore, derrière la fiction du théâtre joué par les participants, reste-t-il de l’authenticité ?


- Clou du dispositif : une « mission séduction » via Facebook Connect (pour ceux qui n’en seraient pas utilisateurs, le moyen de se connecter à de multiples services avec une identité d’utilisateur unique). Les internautes peuvent tester le potentiel d’une relation avec un(e) de leur(s) ami(e)s Facebook. En croisant les informations de leurs profils respectifs, ils obtiennent le degré de difficulté de la mission, et des propositions de garde-robe adéquate pour maximiser les chances de réussite.


Ah oui, on aurait presque oublié le créneau de la marque dans tout ça…

L’ensemble est en tout cas intéressant, quoique très axé ludique, ce qui n’est pas forcément la vocation du storytelling. Techniquement du moins, c’est vraiment inventif, dans un domaine qui a souvent du mal à sortir des grands classiques pub de la photo pleine page, hanches et poitrines tissées, déployées. (Mais, bon comment blâmer le secteur, quand tous les tests pub indiquent que ce sont ces choix stratégiques qui sont les plus efficaces. Mais ils ne comparent pas avec le storytelling…).


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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 07:00

Ah, un post sur Twitter (un de plus) ! Même pas. Le Twitter - blogging leadership, ce n’est pas le moyen d’être un leader sur Twitter, ni des conseils pour suivre les leaders sur Twitter, ou de devenir une star du tweet et du blogging en même temps.

Ce n’est rien d’autre qu’une métaphore qui illustre une relation saine et profitable de leader - suiveur.


Ou, pour parler storytelling : comment vivre une histoire de suiveur, en en faisant un statut enviable.


Cela dit, qu’est-ce que Twitter et le blogging viennent faire là-dedans ?


La base de Twitter est bien le suivisme, on choisit des utilisateurs dont on suit l’activité, dans une optique business ou de développement personnel, ce sera souvent l’activité de pointures, dans un domaine donné.

On va cliquer sur les liens qu’ils auront signalés dans leurs tweets, et on va même les re-tweeter, reprendre leurs meilleurs messages.


Du suivisme mais fait intelligemment. Et en toute transparence : c’est là que l’aspect blogging intervient. Difficile en effet de trouver plus transparent (dans le concept, après la pratique de certains…) qu’un blog. Chacun contrôle et assume sa parole sur un blog. L’auteur, et ses lecteurs qui font des commentaires (laissons les trolls de côté).

Un leadership qui mixe métaphoriquement Twitter et le blogging est donc vraiment sain.


Ce n’est pas très clair ? Alors voilà une métaphore de la métaphore (c’est aussi une histoire en même temps) :

Covestor est un fonds de placement non pas co- mais multi-managé. Quoi que c’est donc ? C'est-à-dire que Covestor n’est pas seulement transparent dans les placements qu’il effectue, mais le principe de fonctionnement est aussi basé sur le suivisme. On choisit un investisseur dont le comportement nous semble judicieux et on fait exactement la même chose que lui : ce qu’il achète, on achète, quand il vend, on vend aussi. Cet investisseur ne contrôle pas son suiveur, ni les fonds de ce dernier. Le suiveur reste d’ailleurs libre de laisser tomber son leader, d’en changer… Il y a tout de même un intérêt pour l’investisseur et pour Covestor : tous deux perçoivent un petit pourcentage des gains du suiveur.


Testez la transposition de ces principes dans le leadership managérial (comme leader ou comme suiveur) et faites-moi un feedback.

D'autres posts liés à cette thématique : Le secret d’une histoire forte mais humble et Les secrets de storytelling d’un leader

 

 


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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 07:00

On n’y est pas rendu, c’est sûr, mais une conférence de l’Association of national advertisers a récemment réuni les acteurs majeurs de la publicité aux Etats-Unis sur le thème : « bâtir une marque dans des périodes difficiles et au-delà ».

Quelques enseignements très intéressants : notamment une place avérée qui se confirme pour le storytelling.


S’il est vrai que les budgets de communication ont bien souffert de la crise, il est tout aussi vrai que l’importance de « la marque » n’a jamais été perdue de vue par les responsables marketing, depuis 2008 (encore heureux !).


Elle est même en passe de prendre encore plus de vigueur, alors que les marketeurs pensent que la baisse des investissements des consommateurs a atteint un plancher (on ignore si c’est un vœu pieux ou s’il s’appuie sur quelque chose de plus concret). Tous ont accompagné les réductions budgétaires de leurs clients avec des offres promotionnelles, place maintenant à un rééquilibrage.

La nécessité de construire des valeurs de marque (et des marques de valeur serait-on tenté d’ajouter) a été réaffirmée.


L’approche de MasterCard est particulièrement intéressante (et est, à mon sens, la vraie valeur ajoutée de cette conférence). La marque a bâti depuis plusieurs années une plate-forme marketing autour de la thématique « Priceless » (Inestimable), qui lui a permis d’établir ce qu’elle appelle « des liens à fort contenu émotionnel » avec ses clients. Et qui dit émotion dit forcément, quelque part au milieu de tout cela : des histoires. MasterCard développe à présent, en « accessoire » de cette plate-forme, un axe marketing sur la maximisation de la valeur assurée aux clients. Du rationnel allié à de l’émotionnel, pour un cocktail rééquilibré mais toujours fondé primordialement sur l’émotion.


Et parmi les axes à développer pour plus de croissance, les participants à la conférence en ont identifié plusieurs pour lesquels le storytelling sera utile :

- Recruter les consommateurs

- Se mettre à la place des consommateurs


D'autres posts sur le storytelling de crise : Une nouvelle histoire de la consommation ? et Comment faire une meilleure communication financière ?


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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 07:00

Ce n’est peut-être pas vrai dans tous les domaines (encore que…), mais ça l’est en storytelling : une histoire trop parfaite sera souvent moins efficace qu’une histoire qui révèle quelques fragilités qui la rende davantage humaine.

Illustration avec l’histoire de l’un des principaux parcs d’attraction européens.


Non ce n’est pas Disney, ce n’est pas non plus le Futuroscope ou l’un de leurs homologues bien connu.

Ce parc-ci est situé en Allemagne et accueille 4 millions de visiteurs chaque année (23ème du Top 25 des parcs d’attraction les plus visités dans le monde et deuxième d’Europe, derrière l’indétrôné Disneyland Paris).



Europa Park (le nom lui-même n’est pas trop « parfait ») est donc installé dans une petite ville du Bade-Wurtemberg, tout près de la frontière française et à proximité de grands axes routiers. Implantation stratégique ? C’est surtout que la famille Mack, propriétaire du parc, est du pays !

Pas d’études de marché, de grande stratégie etc.


D’ailleurs, au départ Europa Park a été conçu comme un showroom par les Mack, également fabricants de manèges et d’attractions (l’usine est d’ailleurs toujours installée dans les environs et réalise les nouvelles attractions du parc).

Succès aidant, il est vite devenu un parc complètement dédié au grand public. Pas à coups de tactiques mais d’opportunités saisies autour de la thématique européenne : c'est-à-dire que le parc est organisé en quartiers représentant chacun un pays européen.

Nouveautés régulières, construction d’hôtels dans le parc pour développer les séjours, offres confertainment, du classique. Des animations, aussi : spectacles sur glace, cascades à cheval, films 4D…


Plus osé : le parc possède son propre studio d’enregistrement télé, et produit d’ailleurs de nombreuses émissions (plusieurs centaines par an) pour la télé allemande. Ce n’était pas gagné d’avance. Mais quelle pub pour le parc !

Tout comme l’idée de lancer une animation autour du thème de l’horreur, les Terenzi Horror Nights, déconseillées aux moins de 16 ans (un peu plus costaud donc qu’une gentille parade d’Halloween). Pour un parc à vocation familiale, le succès n’était pas non plus acquis d’avance.

Tout comme l’ouverture au cœur de l’hiver, parce qu’il fait quand même très froid par là-bas.


Histoire parfaite donc ?

Non, il y a ici de l’inachevé, de l’humain. Chaque visiteur peut se dire que sur certains points, il aurait lui-même pu « mieux faire ». Par exemple, la mascotte, au nom pas très marketing : une souris baptisée Euromaus (Souris Euro). Ou ces approximations dans les documents de publicité en français : pendant longtemps, le slogan du parc était traduit littéralement de l’allemand : « Ici l’Europe s’amuse ». Un peu lourd, peu élégant. On pourrait citer encore d’autres exemples mais l’essentiel n’est pas là.

Ces imperfections font de cette histoire quelque chose de magique : en laissant à chacun la possibilité d’entrer dans l’histoire, de la faire sienne (« moi, avec un outil pareil, sur tel point particulier, j’aurais fait plutôt ceci… »), on permet à un large public de se l’approprier, de lui donner une réalité. L’histoire devient possible. Ou plutôt, au final, une histoire devient possible, car l’idée n’est pas de copier (difficile et ridicule à la fois) l’histoire de la famille Mack en changeant le nom des personnages, mais de s’en inspirer.


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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 07:00

Un sociologue et politologue américain du nom de Francis Fukuyama avait annoncé la fin de l’Histoire. Plus d’histoires, donc plus d’Histoire.

C’était dans les années 1990, et son propos visait la fin des clivages mondiaux du fait de l’effondrement de l’idéologie soviétique. Plus de clivages, puisque la même idéologie, à quelques variantes près, était dorénavant en vigueur partout et pour tous.

Près de 20 ans plus tard, l’Histoire existe toujours, mais l’appel à la fin des clivages, quels qu’ils soient, de Nicolas Sarkozy ne présage-t-elle pas d’une véritable fin, cette fois-ci ?



Dès son arrivée au pouvoir et même avant, Nicolas Sarkozy a commencé par appeler à la fin des clivages politiques : Droite / Gauche, tout cela n’avait plus aucun sens, nous a-t-on expliqué. Dans la foulée, des ministres issus de la Gauche, justement, ont rejoint le gouvernement, pour que le concept devienne réalité. Un parti, même, la Gauche moderne, a été créé, pour donner de la structure à une pratique, un autre, le Nouveau Centre, pour border l’autre côté.

Les clivages, les rebondissements, les oppositions, c’est ce qui fait traditionnellement la différence entre une suite de faits, banale et sans ressort, et un enchaînement d’événements, avec, donc, ces clivages qui sont le ressort des histoires et par extension de l’Histoire.

Voilà pour le politique : plus d’histoires donc plus d’Histoire ?

Sur le versant social, on nous explique également que les clivages et la première de ses manifestations, la grève, sont passés de mode. Ici aussi : plus d’histoires, donc plus d’Histoire ?

Sur la scène européenne, Nicolas Sarkozy s’est opposé à certains de ses homologues, en appelant à des décisions fortes sur le front de la lutte contre la crise. Ah, voilà des clivages ? Pas vraiment : il s’agissait davantage pour le président Sarkozy d’appeler les dirigeants des principaux pays à rejoindre son point de vue. Pas de clivage donc, mais un appel au ralliement.


Comment ? Un utilisateur chevronné du storytelling, l’art de raconter des histoires, saborderait son outil phare ? Ce serait possible : pour Henri IV, Paris valait bien une messe. Mais c’est peu probable.

De quoi s’agit-il alors ? Peut-être de quelque chose de beaucoup plus subtil et de très simple : la contrôle. Traditionnellement, dans une histoire on contrôle l’action, les rebondissements sont imprévus parce qu’on les subit, sauf si on est le scénariste : et là, on ne laisse à l’auditeur qu’une seule participation possible, le commentaire de ce qui se déroule devant ses yeux.

Si c’était le cas, serait-ce un mal ?

D'autres posts sur le storytelling sarkozyen : Nicolas Sarkozy : pouvoir ou puissance ? et La meilleure et la pire histoire de Nicolas Sarkozy


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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 07:00

Un leader peut-il se permettre d’être rapide et agressif en temps de crise ?

Autrement dit : raconter une histoire dans laquelle il apparaît comme étant particulièrement rapide dans ses décisions et ses actions, et presque fou furieux genre couteau entre les dents (les commerciaux ont un terme plus cru associant un couteau et l’agressivité, mais on va s’en passer).

Est-ce donc une histoire appropriée en temps de crise ? Oui.


Pourquoi ?

Paul Glover, consultant américain qui a développé le concept de WorkQuake ™ (comme earthquake, tremblement de terre, mais adapté au monde du travail), apporte des réponses.


Tout d’abord : le pire n’est plus à venir

Les mesures les plus désagréables (licenciements, coupes sombres dans les coûts, gel des salaires etc.) ont été prises. Bien-sûr, Paul Glover parle des Etats-Unis, où tout a commencé avec un temps d’avance, mais il est vrai que, même en France, s’il y a toujours des mauvaises nouvelles et qu’il y en aura encore, on a quand même l’impression que le gros de la tempête est passé. C’est donc le moment de cesser de se raconter des histoires de victimes de la récession et le moment d’en raconter d’autres, qui vont dans le sens du changement de la philosophie organisationnelle de l’entreprise, pour dire les choses plus simplement, changer le mode d’organisation.


Comment ? En ne se racontant pas d’histoires : ce ne sera plus jamais comme « avant ».


Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de retour à la prospérité possible, au contraire, peut-être même un retour à davantage de prospérité, mais pas de la même façon qu’avant. Il faut donc raconter de nouvelles histoires : des histoires qui racontent qu’il est inutile de partir à la quête du monde englouti par la récession, mais nécessaire de faire un bond pour vivre et prospérer dans le monde d’aujourd’hui tel qu’il est.


Comment faire adhérer ses troupes ?

En rajoutant une ligne à son histoire, pour préciser que c’est le moment idéal : les concurrents les plus mal gérés ou les plus handicapés par des structures inadaptées ont disparu. Il y a donc plus de place et des clients à conquérir.


Mais encore ?

Une histoire du futur avec des objectifs audacieux, une disruption (rupture) peut s’avérer tout à fait adaptée.

La traditionnelle résistance au changement a été mise à mal avec la crise, il y a donc également plus de place pour une telle histoire. Tout en conservant une attitude éthique : ce n’est pas le moment d’en profiter pour raconter n’importe quoi, car cela se paiera lors de la croissance post-récession.


On ne peut jamais être trop rapide et trop agressif lorsqu’il s’agit de se préparer à une post-récession. Il ne reste plus qu’à en faire une réalité (car dans ce cas, les fictions ne fonctionneront pas).


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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 07:00

Se sortir de quoi ? Des difficultés qu’il rencontre pour lancer sa grande réforme du système de santé américain. Est-ce possible ? Peut-être que oui, mais la partie va être dure.

Comment ? On va se focaliser sur la situation vue du côté du storytelling, et sur la façon dont le storytelling pourrait aider le président américain. Loin d’être une fiction, compte tenu de l’expertise de Barack Obama dans ce domaine.

C’est en tout cas une belle étude de cas, qui illustre bien le double visage du storytelling : des usages vertueux, et d’autres qui le sont beaucoup moins.


Commençons par le début. Barack Obama lance son projet, qui n’était pas un scoop puisqu’annoncé dans son programme de campagne. Grosso modo, il s’agit de donner accès à une couverture d’assurance-maladie aux 46 millions d’Américains qui en sont privés (un autre chiffre : 79 millions d’Américains ont des difficultés à assurer le paiement de leurs factures de soins). Comment : pour faire simple, en rééquilibrant l’architecture de l’assurance-maladie, avec une dose de système public.

Au début, 70 % des Américains soutenaient ce projet, dans les sondages. Aujourd’hui, 54 % le trouve trop audacieux, et 41 %... pas assez !


Vidéo : Barack Obama appelle à un débat plus "civilisé"...


Que s’est-il passé entre temps ?

Du storytelling !


Comme ils avaient déjà su le faire au cours de la campagne électorale (voir mes posts : Obama vs. McCain/Palin (part. 2) , Obama-Axelrod / McCain-Schmidt-Salter : le vrai duel de la campagne US , Obama vs. McCain/Palin ), les partisans des Républicains se sont déchaînés à coups d’histoires rocambolesques. Rocambolesques mais qui vont très loin dans le dérapage : on a même pu entendre que la réforme Obama est hitlérienne (sur le web, des caricatures d’Obama en Adolf Hitler circulent) ! Qu’elle est l’incarnation du mal. Que Barack Obama fait du socialisme, voire du communisme… Que son projet est d’instaurer un système fondé sur l’euthanasie… Tout cela non pas sous la forme de petites phrases toutes faites, mais à chaque fois avec une illustration par des histoires. Tout cela ne serait pas forcément allé aussi loin si ces histoires, émanant au départ de mouvements traditionnellement extrémistes, n’avaient pas bénéficié du silence des élus Républicains pour se répandre plus largement.

L’ex-dauphine de John McCain (et peut-être future candidate aux présidentielles), Sarah Palin, a embrayé en allant jusqu’à raconter l’histoire de ses parents et de son enfant trisomique, qui comparaitraient devant un « tribunal de la mort » où des bureaucrates décideront s’ils méritent des soins ou si leur avenir est de mourir avant les autres.

Bien entendu, le web donne une résonance amplifiée à toutes ces histoires.

La contagion a gagné le camp Démocrate. Et là, ce ne sont pas ces histoires violentes qui touchent. Les histoires extrêmes ont pour effet de rendre acceptables des histoires plus conformistes, mais également opposées à la réforme. « Si on entend ces histoires terribles, c’est donc bien qu’il doit y avoir quelque chose de louche… ». Magie à double tranchant des histoires.


Comment Barack Obama peut-il s’en sortir ?

Avec du storytelling !

Il a d’abord commencé par appeler les Américains à signaler les rumeurs qu’ils rencontraient sur le web au sujet de la réforme. Dans un post récent, je m’interrogeais sur le sens de cette initiative (Pourquoi Obama part à la chasse aux rumeurs ). Cela s’éclaire à présent : c’est un élément d’une stratégie plus large, qui a débuté par la collecte des histoires qui se racontaient.

Quelle est cette stratégie ?

Ce n’est pas une stratégie de démenti : bien-sûr, Barack Obama a démenti, mais il est trop fin stratège pour ne pas savoir qu’un démenti n’a en général aucun effet sur des rumeurs. Le démenti fait juste partie du mode d’emploi dans ce genre de situation, mais pas de la solution (c’est comme débuter en disant bonjour à une fille qu’on espère séduire, ça ne nous rapproche pas de la fin).

  • Barack Obama tente de remobiliser activement le réseau dans les médias sociaux, qui avait contribué à son élection : ces médias conversationnels sont propices à la diffusion d’histoires.

  • Il s’est rapproché des milieux religieux, en leur demandant de raconter la vérité, au besoin en faisant du porte à porte (encore une technique narrative) : cela revient à marcher sur les plates-bandes des Républicains, traditionnellement plus axés religion.

  • Il porte l’attention sur une autre histoire, pour gagner du temps et se repositionner en président : ses vacances chics (mais dans un lieu où l’Obamania bat toujours son plein), le débat relancé sur le Moyen-Orient avec une visite prochaine annoncée - l’idée est de tenir la barre jusqu’à la présentation noir sur blanc du projet, c’est pour dans quelques semaines.

Mais on reste sur notre faim, déçu parce qu’on a été habitué à tellement plus innovant, plus ambitieux de la part de Barack Obama et de son staff.

Pourquoi Obama ne va-t-il pas jusqu’à tourner en dérision ces histoires pourtant faciles à ridiculiser ?

C’est que, derrière tout cela, il a un gros problème. Sa réforme touche à un fondement de l’Amérique : la démocratie. En démocratie, c’est la majorité qui a raison, et là, c’est à une minorité d’Américains que cette réforme est destinée. Idéologiquement, ça coince donc. Et tant qu’il n’aura pas trouvé d’histoire convaincante sur ce point précis, quel est son intérêt d’ouvrir de lui-même la boîte de Pandore ?

Pour l’instant, il ne peut pas vraiment faire plus.


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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 07:00

La mythologie hindoue est très riche d’histoires en tous genres. Mais de là à les utiliser dans un univers entrepreneurial… C’est pourtant ce qui se passe, avec succès.

Des dieux avec des rivières coulant de leurs cheveux, des rois défaillants face à leur tâche, des reines qui tentent de faire face avec l’énergie du désespoir, des démons, des éléphants, la jungle…

La mythologie indienne, également riche en parfums et en couleurs mystérieuses, ne manque pas d’attraits. Il est vrai qu’on s’écouterait bien un petit conte, comme ça, pour se divertir.

Mais le divertissement n’est pas le seul intérêt de la mythologie (pas plus que pour le storytelling dans son ensemble d’ailleurs), l’apprentissage de règles et principes de vie non plus : en Inde, on les utilise aussi dans un univers business, afin de faire ré-émerger des principes managériaux qui trouvent leur ancrage dans la tradition et la culture indienne.


Folklore, entourloupe de consultant malin ?

Pas vraiment. Le modèle a même un nom : les 3B (comme belief – croyance ; behavior – comportement » et business).


Pour ses promoteurs, le monde de la mythologie et celui du business ne sont pas très différents : les situations et les personnages seraient même très similaires.  Ils s’en servent pour générer les croyances qui guident les comportements qui orientent eux-mêmes le business.

Ce travail consiste à partir d’une figure mythologique traditionnelle et lui ajouter des attributs symboliques, ce qui fait beaucoup penser à un démarche basée sur des archétypes (qui font partie intégrante du storytelling des organisations). Les métaphores ne sont pas loin : le client est souvent représenté par la déesse de la prospérité, Lakshmi. Ou alors, on le salue d’un « Namasté », qui signifie « je salue le soleil (ou le divin) qui est en vous » au lieu du « bonjour » usuel, ce qui a pour effet de mettre l’accent le potentiel de développement de l’interlocuteur. Et n’est-ce pas tout ce qui compte vraiment dans le business.


Le sens de ces attributs, leur signification est ensuite analysée. Et des passerelles sont établies avec l’univers de l’entreprise. Parmi les  enseignements : la vérité n’est pas forcément mariée avec la logique, ou encore que la rationalité n’est pas toujours la clé qui ouvre toutes les portes.

Des conclusions comme celles-là, ce n’est pas du folklore : on peut même parler de bon sens créatif. Tout cela, basé sur les histoires et les rites traditionnels de l’Inde.


C’est vraiment du sérieux : le quotidien financier du pays publie même une chronique sur le thème des problématiques du management éclairées par la lumière des récits mythologiques.

Un peu plus profond que les mythes d’entreprises, mais pas forcément moins efficace.

Et dans nos sociétés occidentales, quels genres de mythes pourrions-nous utiliser ?


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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 07:00

Avec la crise, il semblerait que les Français réinventent un concept que l’on pourrait appeler « le nouveau mieux-vivre ».

C’est une étude signée CLM BBDO, Omnicom Media Group et Scanblog réalisée auprès d’internautes de 15 pays du monde qui le dit.


Cette nouvelle histoire de leurs rapports avec la consommation serait orientée vers « le bonheur sans problème en dépensant moins ». Mais attention : dépenser moins, mais mieux, c'est-à-dire plus qualitativement, et en se préoccupant de développement durable (d’où viennent les produits, qu’est-ce qu’il y a dedans ?). Le luxe que l’on peut se permettre parce qu’il est (très) relativement cheap (en tout cas plus que d’autres luxes).

On retrouverait aussi les vertus des circuits de commerce alternatifs que sont les brocantes, le troc, les réseaux d’échange. On traque les bons plans. On loue, on achète d’occasion. Bref, c’est la bonne vieille débrouille qui repose ses valises. Et puis en même temps, cela donne l’occasion de rajouter encore une couche de développement durable, parce que l’occasion c’est quand même du recyclage.

Et puis, on achète équitable, des produits locaux voire directement chez le producteur.


La belle vie, la belle histoire ?


Une crise économique peut-elle faire changer d’histoire ?
Je pense que c’est toujours la même histoire qui se raconte. Il y a des péripéties, c’est tout, et c’est nécessaire (oui, bon on n’en redemande pas non plus ; ça va aller comme ça). Il restera toujours quelque chose de cet épisode. Dans la série, si Ugly Betty se casse une jambe, elle la gardera probablement cassée pendant une paire d’épisodes… Si un nouveau personnage arrive dans une série, il restera présent jusqu’à la fin de son contrat… Mais ce sera toujours la même série, avec la même trame de fond.

Parce qu’au fond, ce n’est pas l’histoire de la consommation dont il s’agit, tout comme Desparate Housewives ne peut pas se résumer à « une histoire de voisins » : c’est de l’histoire du « consommer plus » qu’il s’agit. Et le « consommer mieux » n’est qu’un accessoire de cette histoire.


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Présentation

  • : Storytelling
  • Storytelling
  • : Le storytelling ? C'est raconter une histoire, pour être plus efficace en management, marketing et ailleurs ! Raconter des histoires ? OK, mais des histoires authentiques, saines, pas des "bobards". Sinon ce serait trop facile. Et puis, l'objectif, ce n'est pas de duper, "d'arnaquer" pour parler plus clairement, mais simplement d'être plus performant. Si, si, c'est possible, sans berner personne ! Nos offres de formation Storytelling : http://www.storytellingfrance.com
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J'écris aussi des livres... qui racontent des histoires, bien-sûr, le storytelling n'est jamais loin.

 

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