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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 07:00
C’est une actualité de storytelling : voilà une histoire qui s’oppose à l’histoire dominante que l’on nous raconte.

Alors que le discours majoritairement entendu ces derniers temps délivre un message qui se résume à « plus de disponibilité pour son emploi et son employeur, plus d’heures de travail ; la France est le pays où l’on travaille le moins ; on nous considère partout comme des privilégiés… », une étude de l’Université de Melbourne en Australie vient raconter le contraire.


La conclusion principale de l’étude est que « les employés sont plus productifs si on leur permet d’utiliser l’Internet au travail pour leurs loisirs. »

L’étude est chiffrée : dans une limite, raisonnable, de moins de 20 % passés à surfer sur le web pour s’amuser, la productivité au travail est supérieure de 9 % par rapport aux collaborateurs qui s’en abstiennent.


L’étude constate aussi avec amusement que les entreprises dépensent des millions pour bloquer l’accès de leurs employés à des applications telles que Facebook ou des boutiques en ligne, sous le prétexte, apparemment erroné, que de tels comportements leur feraient perdre des points de productivité.


D’autant que l’abstinence d’Internet ludique au travail est un mythe : parmi les 300 employés interrogés dans le cadre de l’étude, 70 % avaient une activité ludique sur le web pendant leurs heures de travail.


Parmi les activités les plus pratiquées, la recherche d’infos produits, la lecture de sites de news ; les jeux online arrivent en 5ème position, et YouTube en n°7.


Les auteurs de l’étude pointent l’utilité de petits breaks ludiques, comme autant de respirations nécessaires pour pouvoir ensuite se reconcentrer de manière plus forte sur son travail.

Gare cependant à l’addiction, qui, là, rend improductif.


Voilà en tout cas une « narrative » qui vient donner un coup de vieux à l’histoire la plus entendue (et écoutée ?) du moment.

Un autre post sur l'usage de l'Internet :
La semaine type d'un ado : le schéma d'une histoire


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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 07:00

Les Français tiennent-ils vraiment à la démocratie ?

Voilà une question intéressante du point de vue du storytelling, parce que la réponse est de nature à transformer sérieusement les histoires que nous vivons.


Le 26 mai dernier sur France Inter, Pierre Rosanvallon, historien et professeur au Collège de France, également président de l'association La République des idées, déclarait que la démocratie ne se résume pas au vote, mais que sans vote il n'y a pas de démocratie.


Que dire, alors que l'on nous promet 60 % d'abstention aux élections européennes ?

Difficulté à comprendre l'Europe, certes, mais l'abstention électorale est un mal récurrent.


Ne peut-on pas soupçonner également de la part des Français une tentation sourde de renoncer à la démocratie pour appeler à l'avènement de ce qu'on appelait dans la Rome et surtout la Grèce antique un « bon tyran » ?

Qu'il y ait ou non un « bon tyran » potentiel prêt à prendre le job, ça c'est une autre question.


Mais qu'est-ce qu'un bon tyran ?


Initialement, tyran signifiait « maître », « chef ».

Dans la Grèce antique, le « bon tyran » est apprécié par le peuple, qui le soutient (même si le contraire n'aurait rien changé à l'ordre des choses).

Le tyran Cypsélos de Corinthe pouvait, paraît-il, se promener sans gardes en pleine ville sans risquer quoi que ce soit. Aucun dirigeant d'aujourd'hui ne pourrait se le permettre. Le fils de Cypsélos, le tyran Périandre, est même classé parmi les 7 Sages de la Grèce antique, lui dont la devise était « prudence en toute chose ».

Et si Jules César portait le titre de dictateur, c'est bien parce que le peuple romain, plein d'admiration, le lui avait décerné.

Un bon tyran était à l'époque un chef qui régnait sans partage et parfois par la terreur (Cypsélos et Périandre liquidèrent les aristocrates), mais faisait le bien autour de lui.

Cypsélos est par exemple connu pour avoir réparti les terres agricoles de manière plus équitable. Périandre supprima les impôts à Corinthe tout en réalisant des grands travaux.


Sans que cela ne soit en rien rassurant, ne peut-on pas voir dans l'indifférence populaire face à des propositions ou décisions gouvernementales jugées liberticides par les parties adverses mais en tout cas marquées par la volonté de redonner de la vigueur à la valeur « autorité », l'amorce d'un appel du pied pour aller encore plus loin ?

Resterait encore, donc, à trouver quelqu'un qui accepterait d'être ce bon tyran.


Aristote observait déjà que lorsque le peuple se sent menacé dans sa suprématie il se choisit un protecteur et les oligarques (lorsqu'un groupe restreint d'individus concentre le pouvoir) un tyran.

Platon ajoutait que « tout excès provoque une réaction en sens contraire », une tyrannie naissant donc d'une grande liberté.


Les qualités du bon tyran :
ses partisans sont plus nombreux que ses détracteurs, il protège son peuple en persuadant riches et pauvres que leur salut dépend de son maintien au pouvoir et il évitera la haine et le mépris en récompensant lui-même ceux qui le mérite et en laissant châtier par d'autres.

Machiavel conseillait aussi au tyran d'être intelligemment cruel, c'est-à-dire juste au début pour assurer la prise de pouvoir sans poursuivre, en laissant place à une politique recherchant le bien des sujets.

Parmi les tactiques proposées par Machiavel : la délégation de la cruauté à un expert en la matière, exécuté dès sa tâche accomplie, pour le remplacer par de vrais organes de justice.

Autres conseils de Machiavel : paraître pitoyable, être fidèle, intègre, humain, religieux... en étant prêt à faire le contraire si nécessaire.

Autre habileté encore, soulignée par l'Académicien et homme de la droite extrême Jacques Bainville, en parlant du dictateur athénien Périclès : "son habileté consista à persuader le peuple qu'il se gouvernait lui-même alors qu'en réalité ce qui lui était proposé avait été filtré de tout antagonisme".


Gare pourtant à celui qui accepterait le rôle de bon tyran : à la fin de l'histoire, les tyrans sont la plupart du temps assassinés.

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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 07:00

Quelques questions sur le storytelling, d'une étudiante en quête d'informations pour son mémoire...

Pensez vous que le storytelling politique et institutionnel se ressemblent ? Pourquoi ?

 

Le storytelling est une technique : ce sont de grands principes méthodologiques, qui ne sont pas attachés à une branche particulière de la communication, ni même à des outils de communication. Ainsi, même un banal Powerpoint peut être traité « à la manière storytelling ». Il y a par contre des différences quant à l’usage du storytelling : les abus de cette technique se constatent principalement dans le milieu politique, avec souvent, un détournement du storytelling de sa vocation. Le storytelling n’a pas vocation à manipuler : éviter la manipulation de l’auditeur est justement l’un des défis les plus importants du storytelling, autrement plus crucial que la question de savoir si l’histoire est bien racontée ou non. L’authenticité est une arme très importante pour limiter des effets ou une perception de manipulation.


Le storytelling peut-il se traduire par un visuel ou faut-il obligatoirement du texte?


Traditionnellement, le storytelling était un art oral. Mais déjà à ce niveau, les mots étaient alliés à une performance visuelle du conteur, des costumes, un décor, un jeu d’acteur (ou plutôt de conteur). Il n’y a donc jamais eu uniquement des mots dans une histoire, quelle qu’elle soit et depuis toujours.

Aujourd’hui, on peut communiquer une histoire en 140 caractères maximum sur Twitter, en un mot avec une autre application, Adocu.

Une histoire peut même se passer de mots : si tant est que le public perçoive cela comme une histoire, et qu’on y trouve tous les éléments d’une histoire. Sinon, un ensemble de visuels, cela peut aussi permettre d’identifier des fragments d’histoires, avec ensuite un travail sur ces fragments ; pour en tirer quelque chose comme des enseignements. C’est aussi une question de contextualisation, par le public. Là aussi, les nouvelles technologies sont un plus, pour une mise œuvre d’histoires sans texte.


Quelles sont les limites à connaitre vis-à-vis du storytelling? Une biographie romancée peut-elle être considérée comme du storytelling? La publicité à la radio pour Red Bull qui dit que la boisson vivifie le corps et l'esprit, est-ce du storytelling ?


Une biographie romancée raconte une histoire : il y a un héro, des événements, des rebondissements… Le terme central est : événements. Raconte-t-on des événements ? Y’a-t-il des rebondissements ? Oui, il y a donc une intrigue, et ainsi une histoire.


Y a t il des règles pour raconter une histoire qui collerait à la définition du Storytelling ?


Les scénaristes d’Hollywood sont de très grands maîtres du storytelling. Regarder ce qu’ils font, c’est déjà s’éduquer au storytelling. Toutes les règles sont rassemblées dans un bon film. Ensuite, transposer ces techniques dans le monde réel, n’est pas très difficile, pour peu que l’on comprenne que ce sont des mondes différents, avec des objectifs différents. Pour Hollywood, divertir le public peut être un objectif, pour un storytelling des organisations efficace et éthique, c’est hors de question.

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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 07:00

See text in english below

La réponse va être décevante : il est impossible de maîtriser complètement les effets du storytelling. MAIS…

Ce n’est pas mécanique.

Une bonne histoire n’est pas une garantie absolue de succès (la contrepartie, c’est que parfois, contre toute attente, une mauvaise histoire pourra produire des effets positifs !).

MAIS… On peut limiter la volatilité d’une histoire.


La base du storytelling est de laisser une place à l’auditeur pour entrer dans l’histoire qui lui est racontée, se l’approprier. Dans le processus, l’auditeur la transforme un peu, pour qu’elle se conforme à tout son background.

Ce processus est individuel et comme chacun a son propre background, on imagine la difficulté de prédire les effets d’une histoire racontée.



Tout cela ne veut pas dire que l’on en est réduit au pifomètre, quel intérêt sinon d’utiliser une technique qui serait aussi instable.


Il y a bien-sûr pour commencer, l’expertise du spécialiste du storytelling. Mais elle ne peut pas tout. D’ailleurs, cette question de contextes, de situations spécifiques, est à la source d’une dispute entre spécialistes du storytelling : ceux qui pensent que cela restreint l’usage du storytelling à la compréhension de contextes et situations particulières s’opposent aux tenants d’un storytelling plus managérial, plus offensif.


Et s’il devenait possible d’inclure très finement les contextes et situations dans une démarche de storytelling actif ?


En gestion des systèmes d’information, mais aussi en marketing, on commence à mettre en application de nouvelles techniques : les analyses situationnelles et les raisonnements inductifs. Rien de spécifique au storytelling, mais la base méthodologique est là.


Analyses situationnelles, raisonnements inductifs ? Qu’est-ce que c’est ?


Tout part des recherches d’un professeur de la Sloane School of management du MIT, Eric Von Hippel, sur le marketing de nouveaux produits.

Ses conclusions : l’usage d’un produit dépend de contextes, de situations propres à chaque utilisateur.
CQFD : la quête du « client moyen » est impossible. (Le lien avec l’impact des histoires racontées en storytelling est facile à faire).

D’où, pour Von Hippel, la nécessité de contextualiser et d’analyser les situations.


Pour résumer, le raisonnement inductif ajoute une dimension d’étude de ce que les situations induisent ou peuvent induire, en explorant tous les champs du possible, par opposition au principe de déduction de résultats d’analyse à partir d’un traitement répétitif de données, un peu comme les statistiques.


En France, le travail sur une modélisation des situations et sur des algorithmes inductifs a déjà abouti à la mise sur le marché de solutions applicables au marketing traditionnel, sur Internet…

Leurs auteurs, Jean-Pierre Malle et Eric Seuillet ont créé Ensuite Informatique et e-mergences, pour promouvoir des « machines d’analyse et de simulation situationnelle.


Rien de spécifique au storytelling, mais techniquement la passerelle est à présent plus facile à établir, et riche de perspectives.

D'autres posts sur les effets des histoires : Comment les petits détails font les grandes histoires et Astuce : racontez une histoire de judo

Text in english :

Contextualization is at the heart of the argument between those who don't recognize legitimacy to what I call promoters of an active managerial use of storytelling : they say such uses are at least biased, at most dangerous, and work with stories instead of trying to use working stories.
What if these two views could make peace ? There may be a way to achieve it : with inductive reasoning and situational analysis.
For the moment, nothing specific to storytelling has been invented (but already implemented in the IT and marketing fields), but there's something in the air, abridge that could be established.
See MIT's Eric Von Hippel's papers to know more.


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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 07:00

On a inventé un nouveau mot pour qualifier le style de Nicolas Sarkozy : l’hyperprésident. Dans la foulée, tant qu’à faire, on l’a aussi exporté en le « vendant » à Barack Obama.

Il n’y avait pourtant pas besoin de faire cet effort d’invention : Nicolas Sarkozy est bel et bien le porte-drapeau d’un nouveau style, mais il n’a rien de spécifique à la fonction présidentielle et est bien connu des spécialistes du marketing. Et cela nous raconte une histoire très intéressante.

  

 

Nicolas Sarkozy est en effet hypermobile, tout simplement.

L’agence de communication CLM/BBDO a d’ailleurs sorti récemment une étude baptisée Mobilife, sur les hypermobiles justement. Une centaine de personnes ayant le profil de l’hypermobile ont été interrogées, et les similitudes avec le président de la République sont frappantes.

Côté démographie : ce sont des CSP+, des urbains, ils ont entre 20 et 55 ans, et se déplacent plus de 9 heures par semaine. Pile-poil. C’est aussi une caractéristique nouvelle par rapport à  ses prédécesseurs, que de voyager autant en France et à l’étranger. Certains ont déjà brocardé l’augmentation massive des frais de déplacements du chef de l’Etat.


Bien-sûr, l’étude de CLM/BBDO s’attache au consommateur et non à la vie politique, mais est facile à établir, en ce sens que le concept de l’hypermobilité est un véritable bouleversement du comportement des individus, avec une nouvelle relation, au temps, aux autres, à l’information…


L’hypermobile a sa propre notion du temps, qui ne se préoccupe pas de celle des autres : c’est son temps, et il l’organise de la manière qu’il juge la plus productive pour lui. L’étude pointe que, pour les hypermobiles le moment le plus productif, c’est souvent sur les coups de midi qu’il se produit. Et tiens, on dit de Nicolas Sarkozy qu’il n’est pas un convive très difficile, pour peu que le service soit… rapide : donc une sorte de fast good food.


L’hypermobile est aussi multitâches, et là, on se souvient des mots de Claude Guéant, le secréataire général de l’Elysée, à propos du rythme fou des réformes : « si on ne fait pas tout en même temps, on ne fait rien ».


L’hypermobile est aussi un adepte de la journée de… 48 heures, besoin d’hyperproductivité oblige. D’où une tendance à la sauterelle-attitude : bondir d’un sujet à un autre, sans « perdre » de temps à approfondir. Encore un trait très sarkozyen.


Transposé dans le monde de la consommation, cela donne des marques qui s’adressent directement au consommateur, veulent vibrer avec lui, interagir, créer du lien permanent : si Nicolas Sarkozy est la marque et les Français les consommateurs, cela ne vous évoque rien ?


L’étude conclut en prédisant l’avènement de l’homme hypermobile un de ces jours, car pour l’instant ce sont les sédentaires qui sont toujours majoritaires…


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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 07:00
Nicolas Sarkozy rate rarement une occasion de laisser son épouse se mettre en avant, voire même lui voler la vedette. Dans le même temps, on a de cesse de remarquer combien l’ego du président Sarkozy est dimensionné taille XXL. Il y a là quelque chose qui, à priori, ne cadre pas. A priori.


Laisser sa femme évoluer sur le devant de la scène, pourquoi pas. Après tout, c’est une artiste, cela fait partie du mode d’emploi. Et puis, peut-être aussi y’a-t-il l’amour, qui, s’il peut donner des ailes, doit bien pouvoir être capable de faire en sorte qu’elles se replient bien humblement…

Mais laisser les médias faire en sorte que les projecteurs soient braqués sur Carla Bruni-Sarkozy et non sur son hyperprésident de mari, ça on ne peut pas soupçonner que cet habile communicant agisse de la sorte.


C’est donc qu’il y a autre chose, mais quoi ?


Il est évident et cela n’a pas échappé à grand monde, que c’est l’image de Carla Bruni qui intéresse son mari dans cette effusion médiatique. Elle contrebalancerait son image à lui, à laquelle les sondages montrent une adhésion de moins en moins marquée, mais sans qu’il y ait un véritable effondrement (y’aurait-il donc un effet Carla là-dedans ?).

Poussons un peu plus loin l’analyse, du côté du storytelling.


Le voyage en Espagne du couple est sur ce point enrichissant.


Les médias espagnols ont pu qualifier Carla Bruni de « véritable étoile de l’Elysée », en s’extasiant sur les talons de 5 cm de ses chaussures et la longueur de ses robes. Du coup, la thématique du voyage est passée largement au second plan, et le supposé duel Sarkozy-Zapatero a été éclipsé par celui qui est sensé opposer la belle Carla et son homologue, la jeune et également belle Laetizia d’Espagne.

Et cela tombe bien. Aujourd’hui, plus personne n’entend parler de la fameuse polémique sur les paroles attribuées à Nicolas Sarkozy au sujet de Zapatero. Exit.


Carla Bruni accapare les flashes : tant mieux pour Nicolas Sarkozy, elle lui fournit un écran de fumée protecteur. En plus, elle le dit elle-même : « je ne suis pas une politique », fumée toute blanche assurée. Elle organise un défilé permanent ? Tant mieux aussi : elle cristallise une part de bling-bling sur elle, ce qui rééquilibre l’image de son mari. Elle a ce que l’on aime aujourd’hui : un côté clinquant au juste niveau, ni trop, ni pas assez, qui plaît à la presse puisqu’elle lui permet de grossir le trait sans paraître caricaturale, crédibilité préservée. A côté d’elle, Nicolas Sarkozy peut être un peu bling-bling sans choquer, puisqu’il est juste l’homme qui l’accompagne. « L’homme qui l’accompagne » : c’est ce que disait être J.F. Kennedy, avec son épouse Jackie. Il y a peut-être quelque part un rêve de filiation avec ce couple mythique ; eh quoi : ce sont les médias qui le disent, modestie préservée !


Carla Bruni peut aussi, au besoin, déplacer le focus du public sur une autre histoire, celle qu’elle véhicule : le pays va mal, qu’importe puisque Carla Bruni « ose » saluer la reine d’Espagne en lui faisant la bise. Carla Bruni en muse de l’optimisme, ce n’est peut-être pas grand-chose, mais contre la crise, on n’a rien de plus positif à se mettre sous la dent.


Mais qu’on ne se leurre pas : derrière tout cela, c’est bien Nicolas Sarkozy qui est le vrai chef d’orchestre et Carla Bruni l’orchestre. Chez les Bruni-Sarkozy, on travaille en couple et pour le même objectif politique. Et ce n’est même pas choquant.

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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 07:00
IBM est connu pour son storytelling managérial à la fois simple et fort à propos, à travers le mythique Lou Gerstner, qui fût son CEO jusqu’en 2002 (mais conserve, depuis, un contrat de consultant avec la firme, d’une valeur annuelle de 2 millions de dollars, pour un mois de travail, avec accès libre à toutes les infrastructures IBM).

Côté communication clients, le discours est plus hermétique, mais avec toujours une dimension « histoires ».


Ou du moins, était-il axé « information technology », à comprendre comme : ceux qui sont concernés (et qui nous intéressent) comprendront le message.


Depuis quelques mois, c’est toutefois une nouvelle campagne de communication externe qui a pris le pas. Elle est conçue par Ogilvy & Mather, et elle entend repositionner la marque sur son marché et dans la société.

"En quelques années, nous sommes passés d’un métier de vendeur de produit à celui de fournisseurs de solution d’aide à la compétitivité de nos client", selon Didier Barbé, vice-président marketing  et communication d’IBM. "Mais en tant que 2ème marque mondiale, selon l’étude Interbrand, nous avons une responsabilité envers la société dans laquelle nous évoluons. Nos solutions doivent être socialement responsables. La nouvelle campagne illustre la transformation opérée en interne pour servir nos clients et la société". Le concept tient dans cette accroche : "Bâtissons une planète plus intelligente".


Ce pourrait n’être qu’une campagne assez classique, si la dimension storytelling n’y était pas très travaillée.

La campagne met en scène les clients et les partenaires d’IBM mais aussi ses collaborateurs et même leurs proches.


L’un des outils les plus intéressants est
un site dédié à la campagne .
Trois onglets -perspectives, idées et vision- permettent de voir, pour 16 items (énergie, circulation, eau…), « ce que pense le monde » et « comment IBM contribue à faire avancer les choses ». Le tout est largement présenté sous forme d’histoires, avec même une foule d’anecdotes pour chaque thématique.


Mérite un œil, ou deux voire plus…

Un autre post sur les hautes technologies :
Etude de cas : la parabole des télécoms


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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 07:00

Etre un leader et utiliser le storytelling, ce n’est pas seulement trouver et raconter des histoires tirées de son passé, de son environnement ou de son imagination. Ce n’est pas seulement être un homme de paroles, c’est aussi être un homme d’actions capables de générer elles-mêmes des histoires qui circuleront dans l’entreprise ou dans son univers de business.

Des histoires positives, bien entendu.


Plus facile à dire qu’à faire : on peut assez aisément maîtriser son comportement, maîtriser ce que les autres en diront, ça c’est plus délicat. Cela réclame en tout cas une écoute des histoires que l’on génère soi-même et une observation de leurs effets sur le personnel de l’entreprise.


Mais le résultat peut être très intéressant.


Exemple :


Le nouveau grand patron d’une banque avait, à son arrivée, procédé à une restructuration massive. Après tout, c’est bien pour cela qu’il avait été recruté. Et bien-sûr, beaucoup d’histoires se sont mises à circuler après cela, dans la banque et au sein de la communauté des clients.

Classique.

Ce qui l’est moins, ce sont les deux autres décisions prises par ce patron qui n’était finalement pas qu’un chasseur de coûts. Il s’agit de décisions en apparence anodines mais riches de symboles.


Deux décisions déclencheuses d’histoires :

  • Alors qu’auparavant, seuls les dirigeants de l’entreprise pouvaient réserver des salles de réunions, dorénavant, tout un chacun serait habilité à le faire
  • Jusque là, une espèce de bulle préservait les grands patrons successifs de la banque de pratiquement tout contact avec les employés, au point qu’ils n’avaient même pas besoin de traverser l’entreprise pour accéder à leur bureau ; et bien à partir de maintenant, place au démantèlement de la bulle.

On imagine les histoires positives que cela a pu générer.


Ces décisions toutes simples permettent de faire comprendre d’autres décisions telles que le fait pour le patron, de s’entourer d’une « barrière de sécurité » constituée de conseillers : comme l’a déclaré effectivement un employé de la banque, « cela se comprend, avec toutes ses responsabilités et son emploi du temps ».


Etre ouvert, ce n’est pas forcément chronophage, pour peu que l’on mette en place des garde-fous, et que des histoires fassent une partie du travail.

D'autres posts sur le leadership : Ne pas scier la branche / Don’t cut the tree et Les secrets d'un bon manager


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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 09:35

Toute une journée pour apprendre les ficelles du Storytelling avec un spécialiste de renommée mondiale 

Nous avons l'opportunité d'accueillir à Paris l'un des principaux consultants en storytelling dans le monde : l'Australien Shawn Callahan. C'est l'Evénement Storytelling : toute une journée pour acquérir les techniques les plus à la pointe du Storytelling.

Le 9 juillet 2009 à Paris intra muros

Pour qui ? 

Un leader, c'est quelqu'un qui a besoin d'influencer d'autres personnes, de communiquer des points de vue, d'inspirer l'action.

Qui ne se reconnaîtrait pas dans cette description ? 

Le thème de la journée :

Storytelling for/pour business leaders   

La mission des leaders :

Créer du sens

Leurs besoins :

De meilleurs moyens de détecter rapidement "ce qui se passe" dans leur organisation, de partager leur savoir , d'influencer et d'inspirer leurs collaborateurs

Une méthode : le Storytelling

Pré-programme :

Démystification : le storytelling, ce n'est pas (forcément) de la manipulation
(intervention en français)
Prospection : comment trouver de bonnes histoires
Construction : comment faire coïncider vos histoires et vos objectifs
Performance : comment raconter une histoire
(interventions en anglais)

Droits d'inscription :
500 euros TTC pour les 20 premiers inscrits

(contact pour obtenir le bulletin d'inscription : dangelstory(at)yahoo.fr)

Les intervenants : 
Shawn Callahan
Est le directeur fondateur de la société de consulting Anecdote, qui aide les leaders à prendre de meilleures décisions et à les mettre en oeuvre, avec le Storytelling. Il a 18 ans d'expérience dans le
storytelling, dans un environnement business. IBM, AXA, Shell, Astra Zeneca, les Départements australiens de la Défense et du Trésor ont notamment utilisé ses services.

Stéphane Dangel

Est un professionnel de la communication, du journalisme, de l'enseignement, et est également auteur de livres de fiction. C'est l'un des spécialistes français du Storytelling.


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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 07:00

C’est l’histoire du foot français qu’Adidas invite à écrire.

 

Comment ?

En demandant au public d’encourager les espoirs du foot français -Benzema, Gourcuff et consorts. Des visuels seront dorénavant diffusés les jours de match de qualification de l’équipe de France pour la Coupe du monde 2010 (récemment : les 28 mars et 1er avril).

 

Alors c’est ça ?

Etre supporter de l’équipe de France suffirait pour participer à la naissance d’une histoire ?

C’est donner bien peu d’importance aux histoires, en leur appliquant un principe d’implication minimale.

 

Il y avait moyen de faire mieux, de faire entrer les fans dans l’histoire. Et autrement plus fortement qu’en organisant un casting pour fans comme l’a fait Adidas en complément de sa campagne : un jury de footballeurs célèbres a désigné le fan le plus talentueux, qui a gagné un parrainage de son club par un ambassadeur Adidas.

Tout cela fait un peu penser à une ambiance télé-réalité : j’ai déjà dit ici ce que je pensais du story-télé-réalité.


Alors voilà, le « secret » d’Adidas est bien à mettre entre guillemets.

 
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  • : Storytelling
  • : Le storytelling ? C'est raconter une histoire, pour être plus efficace en management, marketing et ailleurs ! Raconter des histoires ? OK, mais des histoires authentiques, saines, pas des "bobards". Sinon ce serait trop facile. Et puis, l'objectif, ce n'est pas de duper, "d'arnaquer" pour parler plus clairement, mais simplement d'être plus performant. Si, si, c'est possible, sans berner personne ! Nos offres de formation Storytelling : https://www.storytellingfrance.com
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J'écris aussi des livres... qui racontent des histoires, bien-sûr, le storytelling n'est jamais loin.

 

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