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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 07:00

C’est Kit Kat qui nous propose ce break storytelling, baptisé Break Ultime 2. C’est en effet le deuxième épisode d’une série qui a déjà raconté l’histoire de la Quête du Break Ultime par un trader stressé, à voir ici :

 

La marque et son agence (JWT Paris) ont souhaité aller encore plus loin cette fois, en réinventant le concept du break : et là, c’est visible sur le site http://www.kitkat.fr/.

 

L’idée est déclinée en deux temps.


Premier temps :

Depuis son ordinateur, l’internaute vit une expérience ludique au cours d’un petit break, à travers un jeu qui l’amène à concevoir un clip d’animation. Dans ce jeu, il faut tout d’abord choisir 5 bagages parmi 180 proposés, avec lesquels on souhaite partir en vacances. Des bagages pas comme les autres, puisqu’en fait, ce sont les personnes avec lesquelles on choisit de partir ! Il faut ensuite décider avec quel objet on veut partir, puis décider du but du voyage. Interaction, son, animation, jouabilité optimisée, tout y est.

Et il y a même du sens dans tout cela, ce qui nous amène au deuxième temps :

L’aboutissement de tout ce dispositif est d’offrir la possibilité aux joueurs de gagner un break de rêve sur une île sur laquelle le vainqueur disposera de 100 000 euros pour faire tout ce qu’il veut.

 

Où est le storytelling, ici ?

 

En deux endroits :

  • d’abord, le jeu s’apparente fortement (ou du moins le permet) à la construction d’une histoire
  • ensuite, le gain, qui offre vraiment la possibilité de vivre de belles histoires
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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 07:00

Cette idée, c’est bien-sûr le storytelling.

Et c’est le produit Skip petit et puissant qui a pris cette initiative, en complément, donc, d’une campagne incluant des spots télé et du street marketing avec distribution d’échantillons.

Le petit côté storytelling réside dans la diffusion (bannières et sur le site de la marque) d’une web-série écrite et jouée par une comédienne.

Intitulée « Vous y croyez vous », elle met en scène le produit dans la vie quotidienne d’une femme.

Fiction peut-être, ludique aussi, mais également de l’information. Donc pas forcément du « n’importe quoi ». A chacun de juger.

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 07:00

C’est le titre de la couverture d'un récent Courrier international. En dessous du titre, une photo : celle de Barack Obama. Pas difficile donc, d’imaginer qui est visé par ce petit « le vrai ». Explications, version storytelling.


Tout aurait dû rapprocher les deux hommes. Une volonté évidente d’aller de l’avant, de changer, à défaut du monde, certaines pratiques… Les réformes : Barack Obama est pour, lui aussi, évidemment, et lui aussi apparaît comme étant des plus actifs. Leur vision du monde comme n’étant pas uniquement impacté par les Etats-Unis est proche, elle aussi. Un constat partagé face à la crise…

Chacun a également sa première dame, que l’on a cherché à rapprocher et à comparer…

Un usage du storytelling, aussi : n’oublions pas que Barack Obama doit son élection à la qualité de l’histoire, authentique, qu’il a racontée aux Américains, et qui les a davantage convaincus que celle de son adversaire. Le président français est lui aussi un utilisateur convaincu de ce mode de communication.

 



Alors pourquoi, derrière les sourires, y’a-t-il quelque chose qui ne colle pas entre Nicolas Sarkozy et Barack Obama ?

 

Il y a d’abord eu ces efforts restés vains du chef de l’Etat français pour rencontrer le nouveau maître de la Maison-Blanche en prime time, après son élection. Et un enchaînement d’autres petits événements qui, de part et d’autres, ont agacé, chagriné, fâché.

Il y a des différences de mode de vie, de caractère, de types de fréquentations…

 

Mais il y a aussi des différences plus fondamentales quand à la façon de manier les histoires, le storytelling, chez les deux hommes.

 

Barack Obama a commencé par raconter une histoire forte, teintée d’ascension sociale à l’américaine, de self-made-man et de victoire contre des obstacles comme on les aime de l’autre côté de l’Atlantique. En période de crise économique, cela lui a permis d’incarner un formidable espoir, aussi grand que dangereux. Dangereux car propice aux déceptions d’un électorat qui attend beaucoup de Superobaman. Aussi le président américain a-t-il pris soin de ramener très vite cette histoire idéale sur terre, avec, par exemple, des expériences de « monsieur tout le monde » avec une visite au zoo en famille (à comparer à la visite au zoo avec Carla, qui est une toute autre stratégie), quelques bourdes assumées (l’erreur du choix de son secrétaire d’Etat à la santé, sa mauvaise blague sur ses capacités de joueur de billard comparées aux performances d’un sportif handicapé…)… Il y a aussi cette conception du storytelling, qui n’est pas utilisé à tout va, mais de manière ciblée. On raconte une petite histoire de chien familial, pour satisfaire les magazines people, mais sans aller très loin dans cette voie. On prend par contre soin de décevoir un peu les analystes du storytelling en prononçant des discours décrits par les observateurs comme étant ennuyeux, alors que l’on a prouvé tout au long de la campagne que l’on savait faire beaucoup mieux.

Le message semble être : « je suis juste un peu plus qu’un homme ordinaire, n’attendez pas de miracles de moi, mais je vais quand même réussir ma mission ».

 

Côté français, quelle est la situation ?

On observe une canalisation de la communication souvent auprès de publics acquis, avec des histoires qui laissent peu de place aux auditeurs pour qu’ils puissent « s’y faire leur place ». Dans le même ordre d’idée, ce sont des histoires « d’omniprésident » infaillible qui sont diffusées, ce qui, avec les aléas inévitables d’une période de crise, pose des problèmes de crédibilité du discours.

Enfin, aussi cadenassée qu’elle soit, la communication de Nicolas Sarkozy utilise le storytelling de manière intensive, et, quand elle s’en écarte, elle semble être en perte de repères, comme le montre ses interventions télévisées les plus récentes.

Or le storytelling ne s’use que si l’on en abuse et tout n’est pas storytelling. Un mix « à la Barack Obama » serait de bon aloi.


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Published by Storytelling - dans Débats
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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 07:00
L’histoire, les histoires que nous vivons sont issues des décisions économiques et politiques. Et c’est bien par le storytelling que ces histoires se répandent, car nous sommes une civilisation narrative.

 

Mais qui sont ceux qui les prennent ces décisions, et qui les font ces histoires ? Pas forcément ceux qu’on imagine.


En mars 2009, la société de conseil First & 42nd a publié son premier Observatoire des influences.


On y découvre qui sont ceux qui font les oreilles que l’on a dans les oreilles.

Pour 67 à 70 % des Français, les différentes politiques suivies tant par les gouvernements que par les collectivités locales sont décidées sous l’influence de groupes d’intérêt ou de lobbies.

Les grandes entreprises et les banques sont considérées comme étant les acteurs les plus influents sur la politique économique, avec, en troisième position, les hauts fonctionnaires.

Bref, les histoires sont le fait d’arbitrages a minima entre les différentes influences pas si différentes que cela en fait, puisque le dialogue se fait « entre gens de bonne compagnie ».


Les banques et les grandes entreprises sont d’ailleurs également jugées comme ayant le plus d’influence sur la société en général, suivies par les médias (qui leur appartiennent).

Les PME, les artisans, les syndicats de salariés, l’opinion publique, c'est-à-dire les acteurs de terrain, n’ont pratiquement aucune prise sur les histoires qu’ils vivent.


Conclusion, par le fondateur de First & 42nd, Xavier Delacroix : « cette étude renforce notre analyse selon laquelle on observe une dissociation de plus en plus marquée entre influence et pouvoir d’une part et légitimité d’autre part : ceux à qui l’on reconnaît de l’influence sont dépourvus de légitimité à l’exercer tandis que ceux à qui l’on confère une légitimité et une pertinence à agir sont largement impuissants ».


Rien de révolutionnaire, mais rien de rassurant non plus.

On attend les prochaines études de la série, à venir dans l’année : sur le personnel politique et sur les chefs d’entreprises.

Plus de posts sur le storytelling politique : Nicolas Sarkozy fait dans le viral et Sarko : des couacs dans le scénario ?


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Published by Storytelling - dans Bases
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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 09:50
... Vers ce micro-post sur mon micro-blog storytelling sur Posterous :
un post sur les histoires de France
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Published by Storytelling - dans Stories
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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 09:00

J’ai déjà donné ici un aperçu de l’utilité de raconter une histoire personnelle, un classique du storytelling des organisations. Voici un post qui se plonge dans les sources de cet aspect essentiel : back to the roots.

 

L’enjeu d’une histoire qui révèle celui ou celle que vous êtes et dévoile un aperçu pertinent de votre parcours est d’obtenir l’écoute de votre interlocuteur. La confiance viendra ensuite, lorsque vous leur raconterez quelles sont vos intentions.


Il y a cependant un piège : c’est celui des « histoires cocorico ». L’auto-félicitation, la présentation d’un personnage star est au mieux risible, au pire elle détourne vos fameux interlocuteurs de vous et de votre message.


Face à cela, plusieurs approches sont possibles :


  • L’une de ces approches consiste à zoomer sur une autre personne que vous, dans une histoire dont vous n’êtes pas la star, mais dans laquelle votre rôle de support a été essentiel. C’est par exemple l’histoire d’un événement auquel vous avez contribué pour mettre en valeur votre entreprise et votre patron (les stars du jour).
    Cela pourrait être présenté comme le déclencheur de votre vocation pour votre métier.


  • Ou alors, un gros problème survenu au cours de cette opération (et dont vous pourriez éventuellement être en partie responsable) a pu être réglé, par le patron, mais grâce à votre intervention imaginative.
    Ce deuxième exemple illustre une autre approche, qui consiste à tabler sur l’humilité ; c’est ici le fait que c’est le patron qui, aux yeux de tous, est le héros.


  • Une troisième voie consiste à ne pas chercher à apparaître comme un démiurge omnipotent, un « monsieur je sais tout », mais comme quelqu’un qui maîtrise un aspect clé, professionnel ou autre, à mettre en évidence dans l’histoire.
    L’idée est ici de montrer que vous avez besoin d’autrui car vous ne savez pas tout (c’est aussi une forme d’humilité, mais à un autre niveau), en étant tout de même l’homme ou la femme de la situation. Le plus difficile est ici de faire en sorte que l’auditoire n’ait pas l’impression qu’il s’agisse uniquement d’un effet de manches. Le meilleur moyen ? Que ce n’en soit pas un, justement !

 

Une bonne transition pour conclure en disant que tout cela ne servira à rien si, ensuite, vos actes contredisent vos paroles. Le storytelling n’est pas seulement un travail sur les mots, c’est aussi un travail sur soi.

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Published by Storytelling - dans Etudes de cas
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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 07:00
Le storytelling peut vous aider à avoir réellement raison : c'est-à-dire faire en sorte que vous soyez écouté lorsque vous énoncez des vérités qui devraient balayer des conceptions et des pratiques erronées. Mieux encore : il peut vous permettre d’engager vos interlocuteurs dans l’action, une action conforme à la vérité que vous avez identifiée.

 

Avez-vous déjà essayé de convaincre du bien-fondé de vos idées en énonçant une liste d’arguments ? Aussi bien ficelée soit-elle, elle aura du mal à atteindre vos objectifs. Vous vous heurterez souvent à un confortable… confort de pratiques bien huilées, à de pseudo plans d’actions, feuilles de route et leurs objectifs bateau type « accroître la visibilité de l’entreprise ».

Au mieux, on vous écoutera gentiment en concluant par un aussi tonitruant que vain (peut-être aussi teinté de jalousie) : « ça, c’est une bonne idée ! ».


Une histoire peut tout changer. Elle va faire appel à l’émotion, plus qu’à la raison.


Comment, l’avenir d’une entreprise qui se joue « à l’émotion » ?


Déjà ne nous leurrons pas : toutes les décisions que nous prenons sont subjectives : on aura beau prétendre agir sur la base d’éléments rationnels, tout ce que nous faisons est basé sur l’interprétation de ces éléments, dans le sens qui nous arrange le plus. Alors, dans tout ce process, autant utiliser les histoires, qui ont le mérite de l’efficacité sans hypocrisie.


Mieux encore : il s’agit d’un outil capable de manier cette subjectivité en la mixant avec une dose de rationalité.

Mais le storytelling n’a jamais prétendu régir le monde, qui plus est rien qu’avec des émotions : dans un processus de prise de décisions, le storytelling ne fait que donner accès aux émotions qui fait partie de l’univers de la décision en question, en multipliant les points de vue possibles.


C’est tout, c’est beaucoup et cela n’a rien de malfaisant.

D'autres posts sur l'efficacité du storytelling : Exclusif : le storytelling est-il vraiment efficace ? et Etude de cas : vraiment efficace, le storytelling ?


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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 07:00

 

Le storytelling n’est pas seulement fait d’histoires personnelles. Des histoires d’autrui voire d’autres entreprises sont tout à fait utilisables. Et même des histoires fictives, si elles délivrent un message tout aussi authentique qu’une histoire vraie, voire plus.


Voici donc 5 histoires, prêtes à l'emploi, à utiliser dans les cas appropriés :

  • J.F. Kennedy a déclaré un jour : « il y a des risques et des coûts dans un plan d’action, mais ils sont beaucoup moins élevés que les risques et les coûts à long terme d’une confortable inaction ». JFK est mort assassiné, en partie pour les idées qu’il voulait mettre en œuvre. Il ne savait pas qu’il y perdrait la vie, mais savait qu’il s’attaquait à des gens prêts à tout pour préserver leurs acquis. Moralité : le coût à payer à long terme de son éventuelle inaction aurait été encore bien plus lourd que la mort.


  • L’histoire de la grenouille, ou comment l’évidence et la simplicité ne sont pas toujours bonnes conseillères :
    Un biologiste menait des recherches sur les grenouilles. Son focus : la longueur du saut des grenouilles. Premier essai : la grenouille franchit 15 cm. Le biologiste écrit : grenouille avec 4 pattes, saute 15 cm.
    Deuxième essai, après avoir amputé la grenouille d’une patte : le bond se limite à 10 cm, reporté sur sa fiche de suivi.
    Troisième essai, il ne reste alors plus que deux pattes à la grenouille : grenouille avec deux pattes, bond de 5 cm.
    Quatrième essai, encore une patte en moins.
    Pour le dernier essai, le biologiste coupe l’ultime patte restante, et là, la grenouille ne saute pas. Il écrit donc : grenouille sans pattes, devient sourde.

 

  • Une histoire qui montre que la collaboration et les initiatives créatives participatives sont plus efficaces que le recours à la force et l’autorité :
    Un enfant est traumatisé par le cambriolage de sa maison parce que ses petites économies ont disparu ainsi que des objets auxquels il tenait tout particulièrement.
    Les parents se doutent bien de l’identité des auteurs de ce méfait et vont donc voir le père de l’un des suspects, qui leur conseille d’aller voir la police, histoire de donner une leçon à ces jeunes délinquants.
    La police commence son enquête, en ayant beaucoup de mal à voir les parents des suspects dont la vie est pleine de problèmes.
    L’enquêteur chargé de l’affaire décide alors de ne pas passer par les voies habituelles mais d’innover : les jeunes délinquants sont donc requis, de manière informelle, pour faire des travaux dans la maison et le jardin cambriolé, et bien-sûr tout ce qui a été volé est restitué.
    Mais pour l’enfant traumatisé, quelque chose manque dans toute cette histoire : une grande fête du pardon, avec non seulement les auteurs du cambriolage mais aussi leurs parents et connaissances.
    Une forme de thérapie pour chacun.

  • L’expertise n’est pas toujours là où on l’imagine.
    Vers la fin des années 90, 15 habitants de Boston aux Etats-Unis ont été réunis pour étudier les enjeux des télécommunications. Il y avait là un sans-abri, un cadre du secteur des hautes technologies, un fermier à la retraite, un jeune diplômé…
    Pendant plusieurs week-ends, ils ont eu droit à des lectures et des présentations de base. Ils ont ensuite écouté 10 heures de témoignages d’experts, puis leur ont posé des questions. Après avoir délibéré, ils ont écrit des recommandations, judicieuses, toutes simples ou plus ambitieuses et de long terme.
    Ces citoyens ordinaires en savaient alors plus sur le sujet que le parlementaire moyen appelé à voter des lois sur ces sujets !


  • Dernière histoire, celle de l’abbé Pierre, que j’ai raconté ici. C’est une histoire spéciale, pour les sceptiques du storytelling.

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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 07:00

Une étudiante m'a envoyé cette enquête sur le storytelling, avec des questions très intéressantes. Quant à mes réponses, j'espère qu'elles le sont aussi, mais je suis mal placé pour le dire.

  • Pouvez-vous expliquer la notion de narrative-turn, et la manière dont ce nouvel objet d’étude du courant de recherche en narratologie, a influencé de nombreuses disciplines?

Je ne pense pas que l’on puisse et doive parler de narrative turn, qui renvoit à la notion de « tournant ». Je vois plus le storytelling comme une continuité : une forme moderne, adaptée aux besoins d’aujourd’hui, de cette tradition des conteurs d’autrefois, des griots africains et chamans indiens. Je vois plus le storytelling comme une conséquence que comme une cause.  Le travail sur les histoires, qui est un terme peut-être plus adapté que le mot storytelling, a plus accompagné que provoqué des évolutions. Je rejoins le scénariste Robert McKee lorsqu’il dit que « les histoires sont la monnaie qui régit les relations humaines » et cela a toujours été le cas. Nous sommes des homo narrens. Pourquoi le management, le marketing et d’autres disciplines intègrent aujourd’hui une dimension « narrative » ? Parce qu’aujourd’hui le focus est sur ces disciplines, devenues aussi essentielles aujourd’hui que l’était l’échange, le troc (avec un fort contenu narratif) autrefois.

 

  • Pouvez-vous définir la notion de storytelling et les différents domaines d’application qu’elle recouvre ?

Plus que le mot storytelling, c’est le mot story qui est important. De quoi s’agit-il : d’un enchaînement d’événements. Que faire avec cet enchaînement d’événements ? Le raconter, ou l’écouter puis en tirer quelque chose. On voit là une ouverture vers tous les champs d’application possibles et imaginables.

 

  • L’organizational storytelling est-il une réponse à la perte de sens dans l’entreprise ?

Plus qu’une perte de sens, je pense que c’est une perte de quête de sens dont il s’agit. Ce n’est pas qu’on perd du sens le problème, mais que l’on n’en cherche plus. Parce que c’est compliqué, que cela prend du temps. Le storytelling étant quelque chose de naturellement ancré en chacun d’entre nous, c’est aujourd’hui un moyen low-cost (financièrement, intellectuellement…) de chercher du sens. C’est un outil pour paresseux, mais des paresseux dans l’âme c’est ce que nous sommes. Pas de problème personnel avec cela, j’en fais partie également. C’est lorsqu’il s’agit de traiter les histoires recueillies que cela se complique : cela réclame un peu plus de travail, d’où des démarches inaccomplies, dans certaines entreprises, on recueille des histoires mais sans aller forcément au bout de la démarche.

 

  • Quels sont les enjeux et les applications de l’utilisation du storytelling dans une entreprise ?


Deux objectifs très distincts et peut-être antagonistes (c’est en tout cas ce que pensent les praticiens de l’un et de l’autre) : comprendre l’entreprise, ou influencer (les collaborateurs, les clients…).

 

  •  Le storytelling est souvent abordé comme « moyen de séduire », comme nous le démontre son utilisation dans le domaine du marketing, de la politique, mais aussi dans le champ de la communication externe. En effet, de nombreuses entreprises ont déjà eu recours à la pratique de la mise en récit afin de redorer leurs images (Ex : Nike, Banque mondiale). Mais qu’en est-il de son application en communication interne ? Pensez-vous que cette pratique peut aujourd’hui être envisagée comme une « stratégie de séduction interne » ?

    La séduction n’est pas un objectif de storytelling, ou tout du moins ne doit pas en être un. Le storytelling est une porte qui s’ouvre, pas une fin en soi. Une fois que l’on a séduit, que peut-on faire d’autre ? Rien. L’adhésion, oui, l’action, oui, la compréhension, oui.
    Pour Nike, je ne pense pas qu’il s’agisse de redorer une image : l’histoire de Nike a correspondu à un moment à une certaine forme d’authenticité. Cette authenticité n’est plus le reflet de la réalité de Nike aujourd’hui, et le vrai problème est donc le fait que Nike n’a pas fait évoluer son histoire au rythme de son évolution en tant qu’entreprise. Pour la Banque mondiale, l’objectif était d’engager l’institution dans une nouvelle voie, une nouvelle mission, une nouvelle vision, quelque chose de plus profond que la séduction. La séduction est quelque chose de superficiel, le storytelling n’a rien à y gagner ; il a la capacité d’être efficace sur des enjeux plus profonds.

  

  • La notion de culture/idéologie d’entreprise a été largement développée dans la littérature spécialisée, pensez-vous que la mise en récit soit un nouveau moyen de transmission des valeurs de l’entreprise ?

Il peut effectivement s’agir d’un objectif de storytelling, qui rend concret des valeurs abstraites, parce que les valeurs sont illustrées.

 

  • Le fort pouvoir de séduction et de conviction des histoires permet de passer par l’émotion pour atteindre la raison, consciente du pouvoir du récit sur l’esprit humain, l’entreprise trouve-elle dans ce procédé un moyen de faire adhérer les employés au système de valeurs de l’entreprise ?

Le storytelling n’a jamais revendiqué (contrairement à ce que certains font semblant de croire) un recours exclusif à l’émotion : il est faux d’opposer l’émotion à la raison. Dans le storytelling, il y a un fondement, du solide, que l’émotion aide à être plus poignant, plus évocateur, et plus facile à approprier. De même le recours à la fiction n’est pas forcément à bannir, si tant est que le message de l’histoire est, lui, authentique.

 

  • En quoi la mise en récit du discours peut-elle avoir un impact sur le comportement des individus travaillant au sein de l’organisation ?

Justement parce qu’il fait appel à des connections de notre cerveau supplémentaires, par rapport à une argumentation exclusivement rationnelle (j’insiste sur le mot supplémentaires).

 

  • « Le storytelling est une nouvelle forme de propagande ». Que pensez-vous de cette affirmation dans l’entreprise ?

Le storytelling peut être utilisé comme outil de propagande, comme la radio, la télé, la presse… La notion « le media est le message » est intéressante mais les limites de la pensée de McLuhan sont enseignées dans toutes les formations en communication du monde.

Comment l’utilisation du Storytelling se traduit-elle de manière concrète dans l’organisation ? Cette nouvelle méthode de construction du discours est-elle repris dans les différents moyens de communication interne : journal d’entreprise, newsletter, séminaires, réunion de personnel... ?

Le storytelling est une façon de voir les choses, pas un véritable outil : aussi, tous les outils peuvent l’intégrer, même les traditionnellement austères présentations Powerpoint.

 

  • Le storytelling est une pratique très répandue dans  les domaines de la communication et du management aux États-Unis. Mais qu’en est-il en Europe?

Il est très répandu en Grande-Bretagne, en Australie, en Nouvelle-Zélande, aux Pays-Bas. Alors pourquoi pas en France ? Nous en sommes au défrichage, il nous faut encore prouver que la vision de Christian Salmon n’est pas la seule possible.

 

  • En conclusion de son ouvrage Storytelling : La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, Christian Salmon dénonce l’emploi des pratiques de storytelling dans les sphère politiques françaises, mais n’aborde pas son utilisation dans d’autres domaines. Pourtant, l’apparition du terme de « communication narrative », dans la nouvelle littérature dédiée à la communication des entreprises, prouve un réel intérêt pour la place de la mise en récit dans les stratégies de communication et de management en France.  Mais de telles pratiques sont-elles monnaie courante dans les entreprises Française ? (Si oui, a quand remonte l’apparition du storytelling en France ? Pouvez-vous citer quelques exemples d’application dans une entreprise française ?)

C’est bien ce que je reproche à Salmon : se focaliser sur les zones de turbulences dans lesquelles des abus se font (et pas seulement en France), en occultant d’autres domaines où les abus sont rares voire inexistants. Beaucoup d’entreprises font en fait du storytelling sans le savoir, et d’autres sans le dire, non pas par souci de manipulation mais parce que pour l’instant le storytelling est estampillé « Salmon ».

  • Pensez-vous que le développement du Storytelling se heurte aux mœurs françaises?

    Le succès jamais démenti des fables de La Fontaine (des histoires avec à la fin un vrai message, authentique, pas du tout manipulateur) prouve le contraire.
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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 10:22
A quoi ressemblera notre futur ?
Enormément d'apprentis Nostradamus se sont essayés à la devinette.
Cet exercice-ci a l'air un peu réaliste que d'autres.

Mérite en tout cas le détour :
(et se passe de commentaires de ma part)

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  • : Storytelling
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  • : Le storytelling ? C'est raconter une histoire, pour être plus efficace en management, marketing et ailleurs ! Raconter des histoires ? OK, mais des histoires authentiques, saines, pas des "bobards". Sinon ce serait trop facile. Et puis, l'objectif, ce n'est pas de duper, "d'arnaquer" pour parler plus clairement, mais simplement d'être plus performant. Si, si, c'est possible, sans berner personne ! Nos offres de formation Storytelling : http://www.storytellingfrance.com
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