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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 07:00

C'est de la grippe A dont il est question dans ce post.

La campagne de communication gouvernementale est-elle bien menée ? Tout est-il fait bien comme il faut, dans les règles ? Le scénario de la campagne se déroule-t-il comme prévu ? Les ajustements aussi ?

Peut importe la perfection de la campagne de comunication. Quand une histoire peut tout ficher en l'air...

En voilà donc une, d'histoire, elle est personnelle :

Ma fille avait déjà reçu une invitation à se faire vacciner de la part de son collège ; voilà qu'elle en reçoit une deuxième, à domicile. Soit. Passons également sur le fait que le bon de vaccination prévoit deux injections (alors qu'on nous dit depuis uncertain temps qu'il n'en faudra finalement qu'une).

Passons sur tout cela.
Que dire cependant de l'adresse du centre de vaccination indiquée sur le bon, et qui n'existe tout simplement pas, du moins pas en tant que centre de vaccination.
C'est une anecdote, pas même une histoire complète, mais alors que les Français ont de gros doutes sur la vaccination, ce genre de petite histoire a l'effet d'une grande.
Au final, je me suis quand même fait vacciner, avec ma famille, mais parce que d'autres raisons nous y poussaient et que même cette histoire ne pouvait pas renverser. Pas par conviction...

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 07:00

Comment ? Barack Obama est élu et les vieux démons, les vieilles histoires de l’Amérique partent en fumée ?

C’était un hoax, comme on dit sur le web.


J’en avais déjà parlé ici.

Avec le débat sur la réforme du système de santé américain, c’est sur ses origines qu’est attaqué le président américain. Le racisme, qui n’a jamais disparu (mais par quelle magie aurait-il donc pu disparaître), fait son retour d’une manière agressive : Obama est représenté grimé en sorcier africain, revêtu d’une fourrure de singe pour dévorer une banane… Un sondage sur Facebook pose la question : « faut-il tuer Obama ? ».




Il pourrait ne s’agir que de péripéties de l’histoire si ces attaques n’étaient le fruit que de quelques excités retranchés derrière l’anonymat (relatif) du web.

Mais elles émanent également de grands noms de l’ultra-droite, ouvertement, sur les grandes ondes. Même si aux Etats-Unis, la liberté de pensée et de s’exprimer est une valeur fondamentale, entendre un Rush Limbaugh dire que « Obama est un Noir qui cherche la bagarre » », et Glenn Beck, animateur de la chaîne de télé Fox vociférer contre « un type qui a une profonde haine pour les Blancs, un raciste » (c’est d’Obama dont il parle) a quelque chose de choquant.


Et c’est justement parce que Barack Obama est déjà accusé depuis plusieurs mois par les mêmes extrémistes de vouloir s’en prendre aux valeurs de l’Amérique qu’une tactique trop ouvertement offensive de sa part est impossible. Sous peine de donner de lui-même des éléments qui pourraient nourrir les histoires racontées par ses adversaires.


Certains courants conservateurs racontent même que de toute manière Barack Obama usurpe le titre le chef de l’Etat américain, car il ne serait pas américain. Sur CNN, un animateur a même exigé que le président montre devant tout le monde les papiers prouvant qu’il est bien américain !


Comment Barack Obama peut-il agir ?


Son positionnement de président rend une posture d’apaisement raisonnable (et c’est ce qu’il fait). Son appel à la courtoisie et à la politesse surfe entre ces limites et la manifestation de la puissance qu’il incarne et veut tout de même raconter. L’équilibre n’est pas évident.

Mais il ne peut pas faire grand-chose de plus, il est comme coincé quand il s’agirait, tout de même, de prendre la parole, de raconter une contre-histoire. Donc ce ne peut être que quelqu’un d’autre… Quelqu’un qui aurait une légitimité, un charisme, une aura, pour raconter cette contre-histoire, et qui, bien-sûr, serait Blanc.


L’ancien président Jimmy Carter tente de porter ce message. Il est intervenu pour accuser à son tour de racisme les accusateurs. En se positionnant comme homme du sud dans USA, il a pointé les progrès dans la voie de la tolérance, mais pointé également le sentiment toujours fort répandu selon lequel des hommes et des femmes de couleur ne seraient pas qualifiés pour gérer le pays.


Une intervention qui aura toutefois une portée limitée : les Républicains ont brandi leur atout maître : Michael Steele, le président du parti Républicain, noir lui aussi. Ce dernier a dénoncé une manœuvre de diversion de la part des Démocrates.


Finalement, alors que tout le monde avait salué la naissance d’une nouvelle histoire américaine avec l’élection de Barack Obama, les observateurs se sont trompés sur la nature de cette histoire. Les Américains n’ont pas tant voté pour un candidat afro-américain que pour une histoire d’ascension sociale traditionnelle à l’américaine. Le « Yes we can » n’a pas de couleur, un candidat blanc aurait pu l’utiliser, avec un autre contenu.

Il y avait aussi un besoin d’espoir né de la crise alors naissante, et quoi de mieux que l’histoire obamienne comme symbole ! Mais ce n’est pas pour sa couleur que Barack Obama a été élu, c’est pour ce qu’il a réussi à faire de sa vie en dépit des handicaps dont il souffrait (la couleur de peau en était d’ailleurs un). C’est une nuance de taille.


Il faut plus qu’une élection pour changer une histoire.

 

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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 07:00

Un sociologue et politologue américain du nom de Francis Fukuyama avait annoncé la fin de l’Histoire. Plus d’histoires, donc plus d’Histoire.

C’était dans les années 1990, et son propos visait la fin des clivages mondiaux du fait de l’effondrement de l’idéologie soviétique. Plus de clivages, puisque la même idéologie, à quelques variantes près, était dorénavant en vigueur partout et pour tous.

Près de 20 ans plus tard, l’Histoire existe toujours, mais l’appel à la fin des clivages, quels qu’ils soient, de Nicolas Sarkozy ne présage-t-elle pas d’une véritable fin, cette fois-ci ?



Dès son arrivée au pouvoir et même avant, Nicolas Sarkozy a commencé par appeler à la fin des clivages politiques : Droite / Gauche, tout cela n’avait plus aucun sens, nous a-t-on expliqué. Dans la foulée, des ministres issus de la Gauche, justement, ont rejoint le gouvernement, pour que le concept devienne réalité. Un parti, même, la Gauche moderne, a été créé, pour donner de la structure à une pratique, un autre, le Nouveau Centre, pour border l’autre côté.

Les clivages, les rebondissements, les oppositions, c’est ce qui fait traditionnellement la différence entre une suite de faits, banale et sans ressort, et un enchaînement d’événements, avec, donc, ces clivages qui sont le ressort des histoires et par extension de l’Histoire.

Voilà pour le politique : plus d’histoires donc plus d’Histoire ?

Sur le versant social, on nous explique également que les clivages et la première de ses manifestations, la grève, sont passés de mode. Ici aussi : plus d’histoires, donc plus d’Histoire ?

Sur la scène européenne, Nicolas Sarkozy s’est opposé à certains de ses homologues, en appelant à des décisions fortes sur le front de la lutte contre la crise. Ah, voilà des clivages ? Pas vraiment : il s’agissait davantage pour le président Sarkozy d’appeler les dirigeants des principaux pays à rejoindre son point de vue. Pas de clivage donc, mais un appel au ralliement.


Comment ? Un utilisateur chevronné du storytelling, l’art de raconter des histoires, saborderait son outil phare ? Ce serait possible : pour Henri IV, Paris valait bien une messe. Mais c’est peu probable.

De quoi s’agit-il alors ? Peut-être de quelque chose de beaucoup plus subtil et de très simple : la contrôle. Traditionnellement, dans une histoire on contrôle l’action, les rebondissements sont imprévus parce qu’on les subit, sauf si on est le scénariste : et là, on ne laisse à l’auditeur qu’une seule participation possible, le commentaire de ce qui se déroule devant ses yeux.

Si c’était le cas, serait-ce un mal ?

D'autres posts sur le storytelling sarkozyen : Nicolas Sarkozy : pouvoir ou puissance ? et La meilleure et la pire histoire de Nicolas Sarkozy


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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 07:00

Se sortir de quoi ? Des difficultés qu’il rencontre pour lancer sa grande réforme du système de santé américain. Est-ce possible ? Peut-être que oui, mais la partie va être dure.

Comment ? On va se focaliser sur la situation vue du côté du storytelling, et sur la façon dont le storytelling pourrait aider le président américain. Loin d’être une fiction, compte tenu de l’expertise de Barack Obama dans ce domaine.

C’est en tout cas une belle étude de cas, qui illustre bien le double visage du storytelling : des usages vertueux, et d’autres qui le sont beaucoup moins.


Commençons par le début. Barack Obama lance son projet, qui n’était pas un scoop puisqu’annoncé dans son programme de campagne. Grosso modo, il s’agit de donner accès à une couverture d’assurance-maladie aux 46 millions d’Américains qui en sont privés (un autre chiffre : 79 millions d’Américains ont des difficultés à assurer le paiement de leurs factures de soins). Comment : pour faire simple, en rééquilibrant l’architecture de l’assurance-maladie, avec une dose de système public.

Au début, 70 % des Américains soutenaient ce projet, dans les sondages. Aujourd’hui, 54 % le trouve trop audacieux, et 41 %... pas assez !


Vidéo : Barack Obama appelle à un débat plus "civilisé"...


Que s’est-il passé entre temps ?

Du storytelling !


Comme ils avaient déjà su le faire au cours de la campagne électorale (voir mes posts : Obama vs. McCain/Palin (part. 2) , Obama-Axelrod / McCain-Schmidt-Salter : le vrai duel de la campagne US , Obama vs. McCain/Palin ), les partisans des Républicains se sont déchaînés à coups d’histoires rocambolesques. Rocambolesques mais qui vont très loin dans le dérapage : on a même pu entendre que la réforme Obama est hitlérienne (sur le web, des caricatures d’Obama en Adolf Hitler circulent) ! Qu’elle est l’incarnation du mal. Que Barack Obama fait du socialisme, voire du communisme… Que son projet est d’instaurer un système fondé sur l’euthanasie… Tout cela non pas sous la forme de petites phrases toutes faites, mais à chaque fois avec une illustration par des histoires. Tout cela ne serait pas forcément allé aussi loin si ces histoires, émanant au départ de mouvements traditionnellement extrémistes, n’avaient pas bénéficié du silence des élus Républicains pour se répandre plus largement.

L’ex-dauphine de John McCain (et peut-être future candidate aux présidentielles), Sarah Palin, a embrayé en allant jusqu’à raconter l’histoire de ses parents et de son enfant trisomique, qui comparaitraient devant un « tribunal de la mort » où des bureaucrates décideront s’ils méritent des soins ou si leur avenir est de mourir avant les autres.

Bien entendu, le web donne une résonance amplifiée à toutes ces histoires.

La contagion a gagné le camp Démocrate. Et là, ce ne sont pas ces histoires violentes qui touchent. Les histoires extrêmes ont pour effet de rendre acceptables des histoires plus conformistes, mais également opposées à la réforme. « Si on entend ces histoires terribles, c’est donc bien qu’il doit y avoir quelque chose de louche… ». Magie à double tranchant des histoires.


Comment Barack Obama peut-il s’en sortir ?

Avec du storytelling !

Il a d’abord commencé par appeler les Américains à signaler les rumeurs qu’ils rencontraient sur le web au sujet de la réforme. Dans un post récent, je m’interrogeais sur le sens de cette initiative (Pourquoi Obama part à la chasse aux rumeurs ). Cela s’éclaire à présent : c’est un élément d’une stratégie plus large, qui a débuté par la collecte des histoires qui se racontaient.

Quelle est cette stratégie ?

Ce n’est pas une stratégie de démenti : bien-sûr, Barack Obama a démenti, mais il est trop fin stratège pour ne pas savoir qu’un démenti n’a en général aucun effet sur des rumeurs. Le démenti fait juste partie du mode d’emploi dans ce genre de situation, mais pas de la solution (c’est comme débuter en disant bonjour à une fille qu’on espère séduire, ça ne nous rapproche pas de la fin).

  • Barack Obama tente de remobiliser activement le réseau dans les médias sociaux, qui avait contribué à son élection : ces médias conversationnels sont propices à la diffusion d’histoires.

  • Il s’est rapproché des milieux religieux, en leur demandant de raconter la vérité, au besoin en faisant du porte à porte (encore une technique narrative) : cela revient à marcher sur les plates-bandes des Républicains, traditionnellement plus axés religion.

  • Il porte l’attention sur une autre histoire, pour gagner du temps et se repositionner en président : ses vacances chics (mais dans un lieu où l’Obamania bat toujours son plein), le débat relancé sur le Moyen-Orient avec une visite prochaine annoncée - l’idée est de tenir la barre jusqu’à la présentation noir sur blanc du projet, c’est pour dans quelques semaines.

Mais on reste sur notre faim, déçu parce qu’on a été habitué à tellement plus innovant, plus ambitieux de la part de Barack Obama et de son staff.

Pourquoi Obama ne va-t-il pas jusqu’à tourner en dérision ces histoires pourtant faciles à ridiculiser ?

C’est que, derrière tout cela, il a un gros problème. Sa réforme touche à un fondement de l’Amérique : la démocratie. En démocratie, c’est la majorité qui a raison, et là, c’est à une minorité d’Américains que cette réforme est destinée. Idéologiquement, ça coince donc. Et tant qu’il n’aura pas trouvé d’histoire convaincante sur ce point précis, quel est son intérêt d’ouvrir de lui-même la boîte de Pandore ?

Pour l’instant, il ne peut pas vraiment faire plus.


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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 07:00

Avec la crise, il semblerait que les Français réinventent un concept que l’on pourrait appeler « le nouveau mieux-vivre ».

C’est une étude signée CLM BBDO, Omnicom Media Group et Scanblog réalisée auprès d’internautes de 15 pays du monde qui le dit.


Cette nouvelle histoire de leurs rapports avec la consommation serait orientée vers « le bonheur sans problème en dépensant moins ». Mais attention : dépenser moins, mais mieux, c'est-à-dire plus qualitativement, et en se préoccupant de développement durable (d’où viennent les produits, qu’est-ce qu’il y a dedans ?). Le luxe que l’on peut se permettre parce qu’il est (très) relativement cheap (en tout cas plus que d’autres luxes).

On retrouverait aussi les vertus des circuits de commerce alternatifs que sont les brocantes, le troc, les réseaux d’échange. On traque les bons plans. On loue, on achète d’occasion. Bref, c’est la bonne vieille débrouille qui repose ses valises. Et puis en même temps, cela donne l’occasion de rajouter encore une couche de développement durable, parce que l’occasion c’est quand même du recyclage.

Et puis, on achète équitable, des produits locaux voire directement chez le producteur.


La belle vie, la belle histoire ?


Une crise économique peut-elle faire changer d’histoire ?
Je pense que c’est toujours la même histoire qui se raconte. Il y a des péripéties, c’est tout, et c’est nécessaire (oui, bon on n’en redemande pas non plus ; ça va aller comme ça). Il restera toujours quelque chose de cet épisode. Dans la série, si Ugly Betty se casse une jambe, elle la gardera probablement cassée pendant une paire d’épisodes… Si un nouveau personnage arrive dans une série, il restera présent jusqu’à la fin de son contrat… Mais ce sera toujours la même série, avec la même trame de fond.

Parce qu’au fond, ce n’est pas l’histoire de la consommation dont il s’agit, tout comme Desparate Housewives ne peut pas se résumer à « une histoire de voisins » : c’est de l’histoire du « consommer plus » qu’il s’agit. Et le « consommer mieux » n’est qu’un accessoire de cette histoire.


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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 07:00

Pourquoi pas en utilisant des histoires ?

La grippe dont on parle, c’est bien-sûr la grippe porcine, mexicaine, nord-américaine, H1N1 ou peu importe le nom qu’on lui donne. Elle est grise parce que la pandémie que l'on craint est larvée : ç’en est une par certains aspects, mais l’alarme n’est pas pour autant déclenchée. Ce n’est donc ni blanc ni noir, mais gris. J’ai d’ailleurs déjà parlé ici et ici des histoires grises.


Traditionnellement, les pandémies font l’objet de scénarios précis, fondés sur la détection de cas, un savoir épidémiologique qui monte en puissance, et un pilotage le plus rationnel possible de la part des pouvoirs publics, à base de modèles scientifiques fiables parce que testés et restestés en amont.


Mais pour cela, il faut une réalité binaire, blanche ou noire, pas une logique floue, grise.

Sur quels fondements peut-on agir, quand les modèles ne sont pas adaptés à la gestion de ce type de situation ?

Où sont les points de basculement dans les différents stades du dispositif à mettre en place ? Car le dispositif, lui, est assez classique en lui-même, rien de révolutionnaire dans l’usage de masques, la restriction des déplacements etc.

Jusqu’où et jusqu’à quel moment faut-il attendre ? Et attendre quoi ? Comment évaluer ? Quand appliquer le principe de précaution ? Les récentes décisions gouvernementales concernant les mesures à prendre en cas de grippe A dans les écoles sont-elles adaptées ? On ne sait pas.


Les planifications, aussi sophistiquées soient-elles, ne sont pas adaptées à une grippe grise.

Résultat : pour l’heure, beaucoup d’actions autocentrées, fruits d’un repli sur soi qui ne dit pas son nom. Tel pays achète tant de doses de vaccins, un autre fait de même mais dans une proportion supérieure. Pourquoi, est-ce le bon choix ? On ne sait pas.


Le storytelling ne peut pas apporter de solution à cette situation d’exception. Par contre, étant donné que nos aînés ont déjà connu un virus parent (voir mon micro-post ici), entamer un travail narratif avec eux (tout simplement essayer de retrouver la trace de ce virus parent qu’ils ont déjà connu en faisant resurgir les histoires gravées dans leur mémoire) peut apporter un éclairage différent, et non dénué de valeur ajoutée. Donner à ce travail une dimension internationale, mondiale, peut même permettre de rattraper par la manche les pays en voie de développement dont personne ne parle, mais qui seront les plus fragiles face à une pandémie parce que moins organisés que les autres.

Se contenter de regarder ce qui se passe dès à présent en Polynésie, pour tenter d'extrapoler ce qui va se passer en métropole risque d'être insuffisant.


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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 07:00

Où va l’Afghanistan ? Vers une journée d’élections, dans les provinces et pour élire son président. Cela se passe ce 20 août. Mais ce n’est pas une réponse valable. Ces élections ne sont qu’une péripétie, où va vraiment l’Afghanistan ? Quelle histoire est en cours d’écriture dans ce pays qui fait rêver et qui inquiète en même temps ?

 

Une bonne histoire, pourrait-on être tenté de dire. Après tout, ce sont des élections, plutôt démocratiques, du moins beaucoup plus que dans certains autres pays dont l’expérience de la démocratie est pourtant plus ancienne.

Mais là encore, l’essentiel n’est pas là.


Il suffit, d'après les journalistes sur place, de parcourir les rues de Kaboul, la capitale, et d’interroger les habitants sur la signification que le mot démocratie a pour eux. Les plus âgés disent qu’ils n’en savent rien, que ce mot n’évoque rien pour eux. D’autres, plus jeunes, observent que cette démocratie correspond à une augmentation de l’insécurité, et à une licence des mœurs qui, s’ils ne la réprouvent pas ouvertement, les gêne, car elle ne colle pas avec leurs traditions, même celles qui sont antérieures à l’époque talibane.

Plus de liberté, pour un peuple qui avait connu la chape de plomb des talibans, cela aurait pourtant dû être ressenti comme un élément positif, car c’est là un attribut essentiel de la démocratie occidentale.

Dans le même temps, on parle d’une voie possible vers un dialogue pour un apaisement politique avec ceux que l’on appelle en Afghanistan, les talibans modérés. Sauf que du côté des talibans, on souligne à l’envi que les talibans modérés, cela n’existe pas. Ce serait donc une fiction.


Hamid Karzaï lui-même, et cela a été précisé depuis plusieurs années, n’a que peu de pouvoir en dehors du cercle restreint de la capitale et de quelques territoires, moyennant accords avec les seigneurs locaux. Pas très démocratique.


On a tendance à attribuer cela à l’importance des chefs de guerre locaux.

En réalité, le problème le plus important de l’Afghanistan réside dans la méthode.

On a voulu plaquer sur ce pays aux traditions, spécificités et fonctionnement très particulier, des recettes types, éprouvées mais adaptées à nos sociétés occidentales.

Un fait tout simple : l’organisation de l’Afghanistan repose sur un système tribal et de pouvoirs locaux, villageois même. Il ne s’agit pas là des fameux chefs de guerre, mais de chefs de village, de tribus… Pas forcément talibans, ou fondamentalistes. Comment, alors, un président élu, même démocratiquement pourrait-il avoir une légitimité ?


Mixer le respect de ces traditions avec une dose de démocratie peut permettre aux Afghans d’écrire leur propre histoire, tout en donnant un rôle d’acteur aux Occidentaux.

Quel parallèle pouvons-nous établir avec le monde des entreprises ? Peut-être qu'une histoire ne s'impose pas, et surtout pas d'un bloc, elle est à mettre entre les mains de celui qui doit en faire quelque chose, c'est-à-dire quelque chose de plus qu'un simple copier-coller forcément inadapté.


 Un autre post sur le storytelling dans cette région du monde :  Comment l’Iran a pu raconter ses histoires électorales


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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 07:00

La nouvelle est tombée au cours de l’été : un autoportrait de Nicolas Sarkozy par lui-même, dans ce journal plutôt de gauche qu’est le Nouvel Observateur.

Une manière d’enfoncer le clou face à une gauche en grande difficulté ? Pas forcément, pas seulement.

Il s’agit aussi de storytelling. Nicolas Sarkozy poursuit le récit de l’histoire qu’il anime, qui l’anime et qui, fonction présidentielle oblige et parce que Nicolas Sarkozy est Nicolas Sarkozy, augure de la nôtre.

Alors qu’est-ce qu’il y a dans cette histoire racontée par le Nouvel Observateur ?

Elle commence classiquement, du moins selon les standards sarkozyens. C'est-à-dire qu’on apprend, constante servie depuis son élection, que Nicolas Sarkozy ne fait rien comme ses prédécesseurs mais transgresse les tabous ou pseudo considérés comme tels.

Rien de notable dans cette histoire, déjà connue.


La suite est plus intéressante.

Ce sont des regrets, des erreurs que Nicolas Sarkozy exprime, s’agissant notamment du fameux dîner au Fouquet’s qu’on lui a si souvent reproché. Mieux encore dans un contexte de storytelling, il invoque ses difficultés conjugales du moment pour expliquer ses errements. De l’émotion, de la fragilité sans pour autant paraître pitoyable : des ingrédients traditionnels d’une bonne histoire de leader.

Regrets également pour ses emportements verbaux.


Nicolas Sarkozy veut raconter l’histoire d’un homme qui change, mais attention il ne s’agit pas ici de renoncement, il s’agirait plutôt de reculer, ou de faire comme si, pour mieux sauter. Inspirer confiance pour convaincre que notre société a besoin d’une nouvelle histoire fondatrice et que celle que propose Nicolas Sarkozy est, non pas la bonne mais la seule possible.


Regarder ce que racontent les différentes forces traditionnelles en présence –syndicat, patronat…- à ce propos donne une petite idée des rôles que les différents personnages seront appelés à jouer dans cette histoire.

Après, c’est à chacun de décider si c’est cette histoire qu’il souhaite vivre ou s’il souhaite la commenter, sans autre possibilité d’action. Car in fine, c’est bien de cela dont il s’agira.

C’est le lot des vainqueurs et des vaincus.



D'autres posts récents sur le storytelling sarkozyen : Nicolas Sarkozy et la fin de l’Histoire  et La meilleure et la pire histoire de Nicolas Sarkozy

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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 10:40

La nouvelle a beaucoup surpris. Les Républicains, qui ne s’attendaient pas à pareille aubaine au cœur de la torpeur estivale. Les observateurs, habitués à être époustouflés par l’ingéniosité de Barack Obama dans les techniques de communication. Les Américains eux-mêmes, qui se demandent un peu quelle mouche a piqué leur président : voilà qu’il part à la chasse aux rumeurs sur sa réforme contestée du système de santé.

 

En effet, pourquoi Barack Obama a-t-il fait publier sur le blog officiel de la Maison-Blanche, un appel aux citoyens américains, pour qu’ils envoient, par email à son staff, les rumeurs et informations tendancieuses qu’ils pourraient glaner sur la fameuse réforme du système de santé qui fait couler tant d’encre et de salive aux Etats-Unis.

Déjà que le président Obama est accusé de vouloir avoir la mainmise sur l’information… Une contestation qui provient des médias eux-mêmes, il ne s’agit donc pas de mainmise sur les médias à la façon de Silvio Berlusconi…

La Maison-Blanche explique sa démarche par la vague de désinformation qui, selon ses dires, entoure ces réformes. Et ce ne sont pas des quarterons de conseillers un peu dépassés qui l’affirme, mais bel et bien le responsable des nouveaux médias du quartier général de Barack Obama, qui complète en précisant que ces rumeurs sont souvent sous la surface de l’eau, et se répandent de manière cachée, au détour de mails et de conversations.

Ce sont donc bien les mails et les conversations personnelles auxquels on s’attaque du côté de des collaborateurs du président. Osé, dans un pays si ouvertement et profondément attaché aux libertés individuelles.


Ce n’est pas forcément nouveau de la part de Barack Obama. Pendant sa campagne, un site Internet créé à son initiative,
www.fightthesmearhome.com, invitait les internautes à envoyer des démentis made in Obama sur des rumeurs à leurs amis, façon chaîne d’emails.

Mais là, c’est différent. Autant l’initiative du candidat Obama pouvait paraître astucieuse, en s’inscrivant dans une stratégie de conquête des électeurs, autant, aujourd’hui, c’est d’un président dont il s’agit.

Les ficelles du procédé sont de plus des plus grossières. Les accusations d’appels à la délation sont assez faciles pour ses opposants.

Il aurait pourtant été relativement aisé pour une équipe rodée à l’utilisation des nouveaux médias, de trouver une solution technique plus adaptée : on peut imaginer qu’un forum, ou une communauté de discussion autour des rumeurs aurait pu faire davantage l’affaire, et surtout, aurait moins déclenché d’hostilité. La discussion, le débat sont à la fois une manière de glaner des informations, de les analyser tout en engageant la conversation autour des thématiques soulevées. On rassemble des histoires et on travaille dessus, tout est clair pour chacun, sans entourloupe. L’envoi de données par email, lui, revêt une dimension plus trouble quand à leur usage.


C’est tellement grossier, comme choix, que l’on peut se poser des questions. Ne se pourrait-il pas que le camp de Barack Obama ait lancé délibérément un os à ronger, pour détourner l’attention ? Une histoire insignifiante dont on va parler, pendant qu’une autre histoire se joue ? Laquelle ? Les prochains jours nous le diront.

D'autres posts sur le storytelling "obamien" : Bientôt un Obama français ? et A l'école du prof de storytelling d'Obama

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 07:00

Cela fait deux ans que l’on se pose la question : quelle est la logique qui anime Nicolas Sarkozy ? Elle est peut-être à la fois plus simple et plus rationnelle qu’elle en a l’air.



On a parlé de bling-bling, d’hyperprésidence… Mais tout cela, ce n’est pas un cadre, une philosophie ou un mode d’action, ce sont des épiphénomènes, des effets et non des causes.

On parle aussi de storytelling de la part de Nicolas Sarkozy, qui est effectivement un converti à ce mode de communication qui consiste à raconter des histoires pour expliquer des messages. (Que ces histoires soient authentiques ou de purs bobards est une question intéressante, mais ce n’est pas celle que se pose cet article). Mais le storytelling c’est, pour faire l’analogie avec le monde informatique, un langage, ce n’est pas l’infrastructure, le hardware, l’architecture.

On a globalement parlé de rupture, mais c’est plus un mot plaqué par confort sur quelque chose dont le sens précis nous échappe.


De quoi s’agit-il alors ?

Pas forcément d’un mystère.


Et s’il ne s’agissait que d’une question de pouvoir et de puissance ?

Quelle est la différence entre ces deux termes en apparence proches ?


Le pouvoir c’est l’apparat, indissociable d’une fonction présidentielle, c’est le décor, le style. Va pour rattacher le bling-bling et l’hyperprésidence au pouvoir. Et, à l’entrée en fonction et durant les mois (nombreux) qui ont suivi, il semble ne s’être agi que de cela : des manifestations de pouvoir. Certains observateurs ont alors pu railler Nicolas Sarkozy en le traitant de gamin ébloui par les ors de la République.

Il y avait effectivement de cela, mais rien d’irrémédiable. Même si le goût du pouvoir est un trait de caractère dont Nicolas Sarkozy ne se départira sans doute jamais, il y a une échappatoire.

Heureusement, car 5 ans de jeux de pouvoir, pas vraiment drôles en plus, c’est long !


Cette voie, c’est l’alliance du pouvoir et de la puissance.

Définition : la puissance, c’est le choix, la décision, le fait de trancher. C’est lié au pouvoir, forcément, mais rien à voir avec une opération de communication ou de manifestation de pouvoir, comme ces décisions prises dans l’urgence du début de mandat, devenues plus rares aujourd’hui.

La puissance, c’est un projet de réforme des hôpitaux qui tient compte, à la fin, des observations d’un rapport d’expert qui revoit complètement le rapport initial.

La puissance, c’est ce qui fait encore la différence entre un Barack Obama et un Nicolas Sarkozy qui n’a pas encore complètement équilibré ses 2 « p ». Barack Obama, tiens, vient de renoncer parce qu’il juge cela plus raisonnable, à la publication des photos embarrassantes pour l’Armée américaine après avoir annoncé le contraire. Ce n’est pas une faiblesse, c’est son choix, sa puissance, et cela ne fait que quelques mois qu’il est en poste.

Nicolas Sarkozy a l’air de lui emboîter le pas et, miracle, sa cote de popularité remonte.

Et que l’on apprécie ou non Nicolas Sarkozy, on ne peut que se réjouir pour la France de cette approche plus raisonnée.

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  • : Le storytelling ? C'est raconter une histoire, pour être plus efficace en management, marketing et ailleurs ! Raconter des histoires ? OK, mais des histoires authentiques, saines, pas des "bobards". Sinon ce serait trop facile. Et puis, l'objectif, ce n'est pas de duper, "d'arnaquer" pour parler plus clairement, mais simplement d'être plus performant. Si, si, c'est possible, sans berner personne ! Nos offres de formation Storytelling : http://www.storytellingfrance.com
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Storytelling, le livre

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Des livres


J'écris aussi des livres... qui racontent des histoires, bien-sûr, le storytelling n'est jamais loin.

 

Un météore dans la tête


Mangez sauvage


Grand-Papy malgré lui

Il était une croix


Nouveauté : Rires post-mortem