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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 07:00

Comment raconter son histoire, sans pour autant tomber dans le ton plaintif, lorsqu’on est une entreprise qui a été poussée à l’exil par le gouvernement de son pays d’origine ?

Un quotidien zimbabwéen (The Zimbabwean) qui s’est réfugié en Afrique du Sud du fait de son opposition au régime du président Mugabe a trouvé une solution.


Il s’est servi de l’inflation incroyable qui sévit au Zimbabwe, à tel point que la monnaie locale n’a même plus cours dans le pays (pour donner une idée, au tout début de l’année, des billets de 100 milliards avaient été mis en circulation –l’équivalent de 11 euros).

L’agence de publicité du journal a choisi de mettre en scène de vrais billets zimbabwéens alignés les uns à côté des autres, pour réaliser notamment des affiches, avec un message des plus clairs : « grâce à Mugabe, cette monnaie est du papier peint ».


Ce sont au total plus de 3000 milliards de vrais dollars zimbabwéens qui ont été utilisés pour cette campagne de pub hors norme. Et le résultat a été au rendez-vous : le message de The Zimbabwean est passé via une centaine d’articles obtenus dans des publications du monde entier, et des milliers d’articles sur Internet (un de plus avec le mien –allez, que je valorise à 10 000 dollars zimbabwéens, pour être modeste).


Un enseignement de storytelling :

Ce n’est pas toujours forcément en racontant sa propre histoire personnelle, que l’on arrive à faire passer ses messages. Raconter une autre histoire est parfois bien plus efficace. Comment choisir cette histoire ? Il aurait pu s’agir d’une métaphore, mais dans le contexte présent, l’environnement proche fourmillait d’histoires très expressives prêtes à l’emploi. L’histoire choisie n’était pas de nature à faire pleurer dans les chaumières, une émotion qui n’aurait pas forcément eu de résonance, alors que les misères du Zimbabwe ont déjà été décrites un peu partout, mais à faire « sentir » et ressentir ce qu’est le Zimbabwe aujourd’hui. Une surprise indignée est peut-être l’émotion la plus prégnante et aussi la plus efficace. L’enjeu : que la situation du Zimbabwe, dont les médias ne parlent plus guerre, ne soit pas oubliée.

Un autre post sur le Zimbabwe : Des Powerpoint qui racontent des histoires

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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 07:00

Une pub sauve une ville ruinée

 

Les médias s’étaient fait l’écho, il y a quelques années, de la ruine de la ville de Yubari, située sur l’Archipel d’Hokkaïdo au Japon.

Ancienne cité minière, la ville avait tenté une reconversion dans le tourisme, à grands renforts d’investissements, mais faute de séduire les touristes, les dépenses ont mené Yubari à la banqueroute (plus de 350 millions de dollars de dettes). Et dans un pays fortement décentralisé comme l’est le Japon, même pas la peine de songer à appeler l’Etat à l’aide. Fermeture de services publics, mise en vente des infrastructures touristiques, coupes radicales dans les budgets publics, augmentation des impôts et même auto-ramassage des ordures ménagères par les habitants eux-mêmes : rien n’y a fait. Les habitants ont déserté la ville : de 120 000 habitants du temps des mines, Yubari n’en comptait plus que 12 000 en 2008.

 

Mais heureusement : il y a la publicité !

 

L’agence de publicité appelée à la rescousse par Yubari, Beacon communications Tokyo, a réussi à enrayer la descente aux enfers avec une campagne qui raconte… des histoires d’amour.

 

En travaillant sur le dossier, l’agence a en effet découvert que Yubari détenait le plus faible taux de divorce du Japon, et de loin. D’où le mot d’ordre de sa campagne : « No money but love ! » (Pas d’argent mais de l’amour !). Elle a même remporté pour cela un Lion d’or dans la catégorie Promotion au festival de la publicité de Cannes.

 

En plus de son slogan, Beacon a créé un personnage comme les Japonais les aiment bien, un peu manga, un peu archétype, bien plus qu’une simple mascotte : Yubari Fusai. Mignon tout plein et en même temps plein d’ironie : Fusai signifie « dette » mais aussi « couple marié », dans la langue japonaise.

Et ce n’est pas tout : des certificats officiels de « couple marié et heureux » ont été créés, des produits merchandisés, et même des CD de musique, tout cela pour faire de Yubari une destination pour couples heureux, avec plein d’histoires à y vivre.

 

Tout cela pourrait n’être qu’amusant et exotique, si l’efficacité n’était pas également au rendez-vous : Beacon a calculé que la campagne a rapporté à Yubari 1,5 millions de dollars en « exposition publicitaire », puisque de nombreux médias à travers le monde ont parlé de cette initiative. Mieux encore : le nombre de visitteurs à Yubari a augmenté de 10 % en un an, et la dette a été réduite de 31 millions de dollars. Les produits dérivés continuent d’ailleurs de rapporter de l’argent à Yubari, puisqu’ils sont diffusés dans tout le Japon.

 

Cela s’appelle aussi le retour sur investissement, à travers donc, des histoires d’amour, une utilisation astucieuse du storytelling.

 

 

Changer de perspective

 

C’est toujours à Yubari que cela se passe. Mais cette fois, il est question de melon, et de storytelling, encore, et de la ruine de l’ancienne ville minière de Yubari, toujours.

 

Car on cultive le melon dans la région de Yubari. Pas un melon exotique, qui ne ressemblerait à aucun autre connu dans le monde : il s’agit d’une variante du très classique (et néanmoins très apprécié) melon Cantaloup, que l’on cultive également en France.

 

Mais les melons de Yubari se vendent en moyenne entre 100 et 150 dollars pièce, avec un record atteint lors d’une vente aux enchères en 2008 : 20 000 dollars. Et l’adage « ce qui est rare est cher » ne s’adapte pas ici, car les melons de Yubari ne sont pas particulièrement rares.

 

Ils sont prisés comme cadeaux, offerts en été dans une boite en bois.  Les plus prisés (et les pus chers) sont ceux dont la forme est la plus ronde, et la peau lisse au toucher (mais ni trop ni pas assez, sinon le melon est recalé par la très officielle coopérative des melons de Yubari, qui traque également impitoyablement les contrefaçons).

 

Quel lien avec le storytelling ?

C’est une histoire qui vient d’être racontée. Et elle en raconte une autre : pour la percevoir, la comprendre, il faut changer de perspective, « se faire Japonais », car pour nous autres occidentaux, un melon ce n’est qu’un melon. La leçon de storytelling est de toujours raconter une histoire qui parle à ses auditeurs.

 

Et le lien avec la ruine de Yubari ?

Ah oui, la vente aux enchères à 20 000 dollars était au bénéfice du financement de la dette de la ville. Fin de l’histoire.

 
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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 07:00

L’Islande avait une histoire qu’elle croyait être bonne : celle de la meilleure élève de la « narrative » libérale.

Agricole au Moyen-Age, terre de pêche aux 19ème et 20ème siècles, l’île avait troqué ses poissons contre des banquiers dans les années 90. La magie des crédits et des placements faciles avait remplacé celle des elfes et de la mythologie scandinave. Des illusions auxquelles le pays a cru parce qu’il en avait envie (trop facile d’incriminer uniquement les illusionnistes, qui ne seraient rien s’il n’y avait pas un public pour croire à leurs trucs).

Sauf que la narrative en question était une fiction.

 

Aujourd’hui, le système bancaire du pays s’est effondré. Les principales banques ont dû être nationalisées pour leur éviter la faillite. La couronne islandaise a perdu la moitié de sa valeur en moins d’1 an ½.

La Bourse : -94 % de sa valeur en 2008. Les achats de voitures : -92 % sur les premiers mois de l’année 2009. Du plein emploi au chômage à 10 %. L’électricité, dont le prix est indexé sur l’aluminium ((en chute) est vendue à perte.

Même le cours du poisson est bancal.

Et la dette du pays représente 10 fois son PIB.


Les Islandais ont voulu rattraper ce qu’ils considèrent comme un retard de leur île par rapport au développement de leurs voisins, eux dont les grands-parents vivaient encore dans des maisons en tourbe, et ils ont raté leur coup.

Ils auraient réussi que l’île serait devenue une icône des pays en voie de développement. L’Islande aurait été dans la lignée de ce que pouvait dire il y a 25 ans un Jean-Jacques Servan-Schreiber. Il conseillait en effet à l’époque aux pays en question de sauter l’ère industrielle pour entrer directement dans l’ère tertiaire.

Et bien ça a raté.

Les Islandais en sont les premiers conscients, eux qui ont manifesté leur révolte au son des casseroles devant le bâtiment du Parlement pendant 17 semaines consécutives, alors que le mot grève était ici pratiquement une insulte. Jusque là.


Aujourd’hui, c’est d’une nouvelle histoire dont l’île a besoin. L’argent du FMI n’est qu’un placébo. Les problèmes de fond subsisteront.

 

De quelle histoire pourrait-il s’agir ?

Une chose est sûre, elle ne pourra venir que directement du cœur des Islandais.

 
Quelques caractéristiques spécifiques de la société islandaise :
- en Islande, on ne se plaint pas, c’est un péché mortel
- les Islandais se considèrent comme de grands ados -le pays est jeune, indépendant depuis seulement 1944-, avec une immaturité assumée.

 

A partir de là, les Islandais ont déjà commencé à explorer plusieurs pistes pour vivre une nouvelle histoire :

- la piste des racines : on a d’abord pensé (pas longtemps) à la filière de la pêche à la baleine puis au folklore islandais (avec elfes et volcans), mais l’idée d’une espèce de zoo n’avait rien de très emballant.

- Mettre les artistes dans le coup ? Leur créativité pourrait-elle reconstruire une histoire ? Les artistes islandais y croient. Les mécènes de l’art islandais, eux, sont en plein dans la crise.

 

Plus convaincant, deux initiatives :
- Celle de Gudjon Gudjohnson, un jeune entrepreneur : il a créé le Ministère des Idées, qui appelle les Islandais à imaginer un nouveau modèle de société.
- Celle de la célèbre chanteuse Björk : elle a créé un fonds pour investir dans des activités qui introduisent des valeurs féminines dans le monde de la finance.

Et si la piste était celle-ci ? Celle d’un laboratoire d’idées expérimentées pour de vrai, testées sur cet échantillon d’Europe qu’est l’Islande. Cela pourrait fonctionner pour peu que ce soient les Islandais qui maîtrisent le processus et ne soient pas que des cobayes.
Ce serait un saut dans le vide à la Carlos Castaneda, c'est-à-dire que pour éviter de s’écraser au sol, il faut au cours de la chute accéder à une nouvelle forme de réalité.
Un geste désespéré ? Que risquent les Islandais ? D’après les observateurs, aucun de leurs hommes politiques n’ose leur avouer que les choses vont aller en empirant.

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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 07:00

Choisir des exemples de personnages célèbres pour raconter leur histoire dans des contextes d’entreprises n’est pas forcément la voie royale. Et en tout cas, pas la seule voie possible.

Aux histoires de personnages illustres, peuvent très bien se substituer celles… d’illustres inconnus.

C’est ce que fait le groupe Novalis Taitbout (spécialiste de la protection sociale, mais mieux vaut aller sur leur site pour avoir une vision de leurs activités), dans sa nouvelle campagne de communication, en presse, télé et Internet.


Il s'est appuyé sur l'image de quatre personnalités méconnues du grand public dont l’engagement a marqué l’histoire :
Gregory Pincus, co-inventeur de la pilule contraceptive, Jean-Claude Chermann, co-découvreur du virus du sida, Muhammad Yunus, créateur du microcrédit (Prix Nobel de la Paix en 2006, et le plus connu de ces inconnus, à voir en photo) et Christine Janin, médecin, alpiniste, présidente de l’association A chacun son Everest qui s’occupe des enfants atteints de leucémie.




Novalis souhaite mettre en avant l'idée que ce sont les faits, et les histoires, qui priment.

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Un autre post intéressant : Kiva là ? Une belle histoire / Kiva's Story
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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 07:00
Trop se focaliser sur des éléments objectifs, fruits de réflexions pas forcément indispensables, peuvent nuire à la créativité c'est une chose. Mais que des considérations dites objectives viennent contredire d'autres conclusions objectives, sans même que leur auteur ne s'en rende compte...
Là, cela mérite d'être illustré par une histoire.

L'histoire :

Cela se passe en 1978, chez Coca Cola aux Etats-Unis. Le marketing et la publicité avaient du mal à prendre une décision sur le nom du nouveau soda que la firme voulait lancer.
Les créatifs de la pub étaient très chauds pour le nom Mello Yello.
Le chef d eproduit finit par leur dire que ce nom ne lui convenait pas du tout, parce qu'il sonnait comme le nom d'une drogue qu'on s'injecte ou qu'on sniffe au coin d'une rue.
C'est alors que le chef des créatifs s'écria : "mais que croyez-vous donc que le mot Coke signifie ?".

Alors,
le subjectif, l'émotion attachée aux histoires est-il forcément inférieur à l'objectivité, comme certains se décharnent à nous le faire croire ?

Pour paraphraser la consultante américaine Annette Simmons, je dirai que l'objectivité ne nous fait pas prendre de meilleures décisions, elle ne fait que faciliter les décisions. Et fournit des alibis.

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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 07:00

Avec le storytelling.

La communication financière n’est pas réputée pour son originalité et son aptitude à l’innovation. Une étude menée par Armand Dionisi, d’Expremium, montre que la situation est encore pire que ce qu’on imagine à priori. Il y a pourtant une place pour renouveler le discours de la communication financière, avec le storytelling donc.


L’étude a concerné les entreprises du CAC40 et leurs pratiques de communication lors des AG d’actionnaires, événements aussi incontournables que rébarbatifs pour un communicant.


C’est EDF qui est considérée comme étant un symbole d’excellence, une référence, sur des critères tels que l’identité visuelle, le multimédia, la symbolique, l’animation et la gestion des transitions.

Véolia et Suez Environnement sont considérées comme étant au dessus du lot, créatives et avant-gardistes en matière de design et d’expression visuelle.


Beaucoup d’entreprises font preuve d’une grande retenue dans cet exercice de communication, alors même que leurs résultats ne le justifient pas.


Près de la moitié des entreprises étudiées n’en sont même pas encore au stade d’inclure un Powerpoint dans leurs présentations. Encore que, parmi celles qui l’utilisent, il peut servir de cache-misère, d’arbre qui tente de cacher une forêt de problèmes plus existentiels.


Au final, selon l’étude, seules 25 % des entreprises ont une véritable maîtrise de l’événement.


Quelques idées inspirées du storytelling pour « mieux faire »
:

- Il est assez inquiétant de voir qu’aucune de ces entreprises n’ait effectivement songé à utiliser le storytelling. Il s’agit tout de même ici de faire passer des messages, souvent complexes ou alambiqués, de manière percutante. Et une histoire est toute indiquée pour cela ! Pas forcément nécessaire de bouleverser toutes les pratiques pour cela : l’entreprise est attachée à son Powerpoint, et bien soit. J’ai déjà parlé ici des possibilités de raconter une histoire à travers un Powerpoint.


- L’idée de raconter des histoires aux actionnaires fait sourire ? Les actionnaires sont des investisseurs ou des « désinvestisseurs » potentiels dans des valeurs. Quand les perspectives de progression des valeurs se banalisent, qu'est-ce qui peut encore faire la différence entre une entreprise et une autre ? Pourquoi pas une histoire. Après tout, les business plans sont bien des histoires, fictives en plus, comme je l'ai déjà écrit ici.


- Oui, mais quelle histoire ? Pourquoi pas une nouvelle histoire du capitalisme, celle d'un capitalisme durable, rien à voir avec la protection de l'environnement, ou du moins pas forcément : le contenu est à inventer. Cela n'intéresse pas les investisseurs ? Si, si l'objectif de cette réinvention est de rendre à nouveau liquide tout cet argent qui s'est évaporé au cours des derniers mois...


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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 09:00

J’ai déjà donné ici un aperçu de l’utilité de raconter une histoire personnelle, un classique du storytelling des organisations. Voici un post qui se plonge dans les sources de cet aspect essentiel : back to the roots.

 

L’enjeu d’une histoire qui révèle celui ou celle que vous êtes et dévoile un aperçu pertinent de votre parcours est d’obtenir l’écoute de votre interlocuteur. La confiance viendra ensuite, lorsque vous leur raconterez quelles sont vos intentions.


Il y a cependant un piège : c’est celui des « histoires cocorico ». L’auto-félicitation, la présentation d’un personnage star est au mieux risible, au pire elle détourne vos fameux interlocuteurs de vous et de votre message.


Face à cela, plusieurs approches sont possibles :


  • L’une de ces approches consiste à zoomer sur une autre personne que vous, dans une histoire dont vous n’êtes pas la star, mais dans laquelle votre rôle de support a été essentiel. C’est par exemple l’histoire d’un événement auquel vous avez contribué pour mettre en valeur votre entreprise et votre patron (les stars du jour).
    Cela pourrait être présenté comme le déclencheur de votre vocation pour votre métier.


  • Ou alors, un gros problème survenu au cours de cette opération (et dont vous pourriez éventuellement être en partie responsable) a pu être réglé, par le patron, mais grâce à votre intervention imaginative.
    Ce deuxième exemple illustre une autre approche, qui consiste à tabler sur l’humilité ; c’est ici le fait que c’est le patron qui, aux yeux de tous, est le héros.


  • Une troisième voie consiste à ne pas chercher à apparaître comme un démiurge omnipotent, un « monsieur je sais tout », mais comme quelqu’un qui maîtrise un aspect clé, professionnel ou autre, à mettre en évidence dans l’histoire.
    L’idée est ici de montrer que vous avez besoin d’autrui car vous ne savez pas tout (c’est aussi une forme d’humilité, mais à un autre niveau), en étant tout de même l’homme ou la femme de la situation. Le plus difficile est ici de faire en sorte que l’auditoire n’ait pas l’impression qu’il s’agisse uniquement d’un effet de manches. Le meilleur moyen ? Que ce n’en soit pas un, justement !

 

Une bonne transition pour conclure en disant que tout cela ne servira à rien si, ensuite, vos actes contredisent vos paroles. Le storytelling n’est pas seulement un travail sur les mots, c’est aussi un travail sur soi.

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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 07:00

Impliquer des collaborateurs dans un projet abstrait nécessite une astuce : et cette astuce, c’est bien-sûr une, ou plutôt des histoires.

Plus que du corps, elle va donner du cœur à un projet, même le plus abstrait, même si, pour vos publics ce n’est ni plus ni moins que du chinois. Et c’est bien ce que vous voulez, que vos collaborateurs s’y engagent, corps et aussi âmes.

 

Combien de projets d’entreprises produisent des résultats, ou tout simplement arrivent à terme ?


Steve Denning, le célèbre consultant en storytelling, affirme que ce n’est pas plus de 10 %.

 

Exemple personnel :

Une entreprise avait changé radicalement de mission, de vision. D’une logique de production, elle basculait d’un coup dans une logique Business. Il ne s’agissait plus de devenir le fournisseur préféré de ses clients, mais de servir le business, dit comme cela.


Projets sans histoires = projets sans avenir


Passe encore pour les commerciaux, qui pouvaient avoir déjà vécu des histoires de business dans leurs fonctions, ou pouvaient avoir construit des scénarios adéquats.

Mais les ingénieurs et autres cadres techniques, dans un secteur industriel à fort contenu technologique, de process ?

Ce n’est pas qu’ils manquaient d’illustrations, ils avaient tous des schémas représentant la nouvelle organisation de l’entreprise.

Mais où était le concret, l’illustration par l’exemple, des événements déjà vécus, ou au moins d’événements plausibles à vivre pour l’avenir ?

Résultat : les ingénieurs n’arrêtaient pas de répéter le mot business à toutes les sauces, sans savoir ce que c’était, de manière opérationnelle.


Comment aurait-on pu faire (à supposer qu’à l’époque, le storytelling ait déjà eu droit de cité en France) ?

Deux idées assez simples à implémenter :

- faire intervenir les commerciaux voire des clients lors des grands messes de présentation de la stratégie, pour raconter des histoires pertinentes

- éditer un vade-mecum illustrant le concept par l’exemple… d’histoires

 

 D'autres posts sur l'utilisation du storytelling au service de projets : Etude de cas : storytelling montagnard et Etude de cas : la parabole des télécoms


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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 07:00

La marque de brosses à dents Oral-B vient de fournir un exemple de mix histoire réelle - fiction. Je choisis volontairement un produit banalisé pour illustrer ce concept, et un exemple issu du monde du marketing -en management, ce mix-là est beaucoup plus fréquent.

 

Oral-B s’est adossée à la série télé « Plus belle la vie », qui fait un tabac (pardon, la pub pour le tabac est interdite), le plein (pardon, les prix de l’essence de 2008 sont encore trop frais), un succès (pardon, c’est la crise mais restons-en là…) sur France 3. 6 millions de téléspectateurs à l’heure du JT, effectivement.



Oral-B, donc, a aidé « Plus belle la vie » à recruter les 1000 figurants dont la série avait besoin pour tourner une scène de (sic) « rassemblement pour l’amour et la paix dans le monde » qui, si elle ne restera pas forcément dans les annales des aficionados, vous aura peut-être permis d’apparaître à la télé à une heure de grande écoute.

 

Pour cela, il vous aura fallu aller sur le site plusbellesvosdents.fr, pour publier votre photo tout sourire et obtenir ainsi le pass pour être figurant lors du tournage.

 

Quand la fiction donne naissance à une nouvelle réalité, authentique : si la série est bien une fiction, les figurants ont bel et bien vécu une expérience d’acteur. Et pourquoi pas, des vocations sont peut-être nées, ou se sont évaporées…

Trop belle la vie ! (enfin, tout est relatif)

D'autres posts sur des marques innovantes : Histoires de CRM / CRM Stories et 75 000 Mystarbucksideas


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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 07:00

Je ne vais pas me faire que des amis en disant cela : dans l'absolu, l'histoire que raconte le comportement récent de Total (bénéfices records puis annonce de 555 suppressions de postes) est une bonne histoire. Dans l'absolu...



Annoncer des bénéfices records, indiquer très clairement ne pas vouloir les partager, puis reprendre la parole quelques jours plus tard pour pré-annoncer une vague de suppression d'emplois à venir, c'est une bonne histoire si on considère le point de vue de ceux à qui elle s'adresse : les investisseurs. Ces derniers ont d'ailleurs bien manifesté leur plaisir de l'entendre : l'action Total a connu une progression de 5,32 % sur la semaine écoulée.

Total a choisi l'auditoire de son histoire. En soi, que nous l'entendions cette histoire, c'est involontaire, nous n'aurions pas dû. C'est un peu comme si nous étions les clients d'un même bistrot, et que nous tendions l'oreille vers des conversations de voisins de comptoirs. On pourrait même dire que cela ne nous regarde pas et que c'est très vilain d'écouter aux portes.


Dans l'absolu.


Mais ce n'est pas dans un monde absolu que nous vivons : rien n'y est étanche, sinon comment une crise partie des Etats-Unis aurait-elle pu nous toucher. A partir du moment où nous racontons une histoire en public, elle ne nous appartient plus, elle appartent au public et pas seulement à celui que l'on a choisi, mais à tous ceux qui l'entendent. N'importe quel écrivain le dira : à partir du moment où son histoire est publiée, il ne la considère plus comme sienne, et ne sait pas ce qu'il en adviendra.

C'est là le pouvoir des histoires, à double-tranchant.

Mais est-ce vraiment important, pour Total ?


Total a pesé, évalué les risques d'une histoire lancée comme une bombe. Quels pourraient être les dommages collatéraux, les risques de blesser des "amis" ou alliés ? A vrai dire ils sont peu élevés : la réponse des marchés financiers à l'histoire  racontée par total a même dû en rassurer plus d'un. Comment donc ? On voudrait réinventer le capitalisme financier ? Plus jamais ça ?


L'adhésion des marchés à l'histoire racontée par Total montre qu'il n'en est rien : un toilettage sera fait, mais les bases de l'histoire que construit le capitalisme financier demeureront. Total vous le promet, au nom de tant d'autres de ses homologues industriels qui n'ont pas eu le courage d'avoir ce qu'il faut bien considérer comme une forme d'honnêteté, aussi peu plaisante qu'elle paraisse. Fermez le ban.

D'autres histoires d'entreprises : Coca en stock et Les histoires d'entreprises emblématiques du moment


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Présentation

  • : Storytelling
  • Storytelling
  • : Le storytelling ? C'est raconter une histoire, pour être plus efficace en management, marketing et ailleurs ! Raconter des histoires ? OK, mais des histoires authentiques, saines, pas des "bobards". Sinon ce serait trop facile. Et puis, l'objectif, ce n'est pas de duper, "d'arnaquer" pour parler plus clairement, mais simplement d'être plus performant. Si, si, c'est possible, sans berner personne ! Nos offres de formation Storytelling : http://www.storytellingfrance.com
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J'écris aussi des livres... qui racontent des histoires, bien-sûr, le storytelling n'est jamais loin.

 

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